Trauma Crânien
- Flavie Cortese
- Agathe Durastante, Gauthier Knobloch, Théo Maugué, Gabin Crossouard
- Felix Mital
RÉSUMÉ
Dans un espace suspendu, une femme retrouve trois hommes qu’elle a aimés. Elle écoute leurs récits, leurs versions, leurs mots. Entre humour discret, cynisme et émotion, Trauma crânien interroge ce qu’il reste des histoires d’amour une fois terminées, quand la parole devient la seule trace du lien.
note d’intention:
La pièce voit le jour autour d’une seule et même idée: le bilan amoureux dans toute sa complexité, sa splendeur, son désordre et sa douceur. Les relations amoureuses sont un lieu commun dans lequel le silence a autant d’impact que les mots. L’écriture s’est donc tournée vers une femme quasi silencieuse ayant laissé la parole à trois de ces hommes. Trois histoires qui dirigent la narration, racontées par ces sexes masculins. Trois histoires qu’une seule femme suit sans prendre la place qui est la sienne: celle d’une femme éraflée par ces hommes.
Volontairement, la confrontation entre eux quatre se passe sans aucun jugement de morale. Laisser le flou sur les responsabilités de chacun dans l’échec de ces relations et des blessures infligées était crucial dans le processus d’écriture. La femme attend les mots, mais ne finit que par constater la vacuité de leurs paroles, qui ne répareront jamais, qui ne rassureront jamais, qui ne consoleront jamais. Elle laisse ( volontairement) aux hommes la direction de la narration demeurant celle sans qui rien ne serait advenu. Elle est leur centre, le centre de la pièce, le centre de tout. Qui utilise qui? C’est une question à laquelle Trauma Crânien ne répondra pas.
la mise en scène
La conviction d’éviter toute fioriture dans l’écriture de Trauma Crânien s’est concrétisée par le choix de placer ce texte dans un plateau nu, débarrassé de tout artifice. En effet, la nécessité s’est très vite imposée de laisser seuls les mots et les corps et ainsi leur donner toute leur puissance et leur présence, sans que les acteurs, comme les spectateurs puissent s’appuyer sur des éléments littéraux qui anesthésieraient les propos au plateau. Le plus important, ce n’est pas ce que l’on voit, mais ce que l’on attend. Les mots se suffisent à eux même: ce sont eux qui occupent l’espace.