Nous, les Grosses
- Guillaume Druez
- Stéphane Bissot
- Enrico D’Ambrosio
- Arnaud Lhoute
- Renaud Ceulemans
résumé
Blanche a quarante-six ans.
Elle est en surpoids, se trouve grosse et enchaîne les régimes.
C’est à partir de ces trois réalités, somme toute assez banales, qu’elle va mener une réflexion sur son corps et son rapport à la nourriture. Déterminée à aller au fond des choses et d’elle-même, Blanche va se confronter sans concession à ses démons intérieurs et révéler le mal qui la ronge : la boulimie.
Spectacle autour de la compulsion alimentaire, de l’ennui, du manque, et des mécanismes pour les combler, ce monologue est un cri, l’expulsion de colères et de désirs trop longtemps enfouis, la tentative de remplir par la parole tout ce qui l’a trop souvent été par la nourriture.
note d’INTENTION
Aujourd’hui, lorsqu’on parle de surpoids, que ce soit dans les reportages ou dans la fiction, on aborde souvent la question par le prisme de la grossophobie, de la société de consommation ou de la malbouffe. On s’y intéresse trop peu par le biais de la psychologie. Il est pourtant essentiel. Bien sûr l’addiction au sucre, les aliments transformés et bourrés d’additifs expliquent en partie le surpoids et l’obésité comme fléaux et maux de siècle. Mais c’est ici la question intime du « pour-quoi » qui importe. Pourquoi je mange en si grande quantité ? Qu’est-ce qui se passe au moment de ma crise de boulimie ou d’hyperphagie ? Qu’est-ce que ce comportement compulsif vient combler ?
Blanche est une femme « comme tout le monde ». Elle est en surpoids comme beau- coup ; elle se lance dans d’interminables diètes comme beaucoup ; elle se trouve « énorme » comme beaucoup ; déteste son corps comme beaucoup… Mais elle juge aussi les autres, comme beaucoup ; se compare, comme beaucoup ; dit des horreurs et enchaîne les clichés comme beaucoup.
Il est important pour moi de faire de Blanche une femme comme tant d’autres. Com- plexe, bourrée de contradictions, ambivalente. Il ne s’agit pas ici de dénoncer (la grossophobie et la société de consommation) mais bien de donner à voir ; une femme qui a intégré malgré elle les stéréotypes de classe, de genre et de poids. En faire une anti-héroïne par excellence. Blanche est grossophobe car la haine de soi est si forte qu’elle mène inéluctablement à la haine des autres, en particulier de ceux qui nous ressemblent.
J’ai le désir d’oser tout dire, de considérer la scène comme le lieu de la catharsis, et de l’expulsion des passions. Appuyer là où ça fait mal.
C’est en allant dans les détails les plus personnels, en sublimant son propre « je », en le fouillant, le triturant, que Blanche pourra toucher, paradoxalement, à l’universel.
biographies:
Guillaume Derez
Guillaume Druez est une auteur, acteur, metteur-en-scène belge né en 1989 à Bruxelles et décédé brutalement d’une pneumonie le 26 février 2024. Il est détenteur d’un master en langues et littératures françaises et romanes de l’ULB. Puis d’un premier prix d’art dramatique du Conservatoire de Mons. Il joue dans différents théâtres en Belgique et en Suisse. Il est nommé aux prix Maeterlinck du théâtre pour son spectacle « Cœur de pédé » qu’il joue avec Manuela Sanchez. Il a écrit trois pièces de théâtre, toutes éditées aux Oiseaux de nuit. « Nous, les grosses » qu’il a écrit et mis en scène, créé en 2021 au Théâtre de la Vie à Bruxelles, est en tournée et, aujourd’hui, proposé au public parisien.
Stéphane Bissot
Issue des Conservatoires de Bruxelles et de Liège, admissible au 4me tour de celui de Paris, Stéphane Bissot est actrice, auteure et joue depuis 1996, au théâtre, au cinéma et à la télévision. Sa filmographie, et sa théâtrographie, étoffées de plus de 80 titres tous formats confondus, est riche et variée, disponible sur IMDB et sur le site de la Fabrique67. Elle joue entre autre aux côtés de Pierre Richard, Emilie Dequenne, Jérémie Rénier. Elle est allée trois fois sur la Croisette avec des films forts dont « L’Enfant » des frères Dardenne. A touché le cœur du public avec son interprétation de Madame Astrid dans la série « Melting-pot café ». A ce jour, elle a écrit deux livres « Après nous les mouches », tiré de son spectacle éponyme, créé au Théâtre Varia en 2017 et « Celle qui aimait les hommes », tous deux édités par «Les oiseaux de nuit».
LA PRESSE EN PARLE:
« Rarement monologue et comédienne confièrent si finement les ravages, les angoisses, les regrets causés par la boulimie. Car il ne s’agit plus seulement ici d’être
mince, mais de ne pas crever d’anxiété quand elle vous empoigne la gorge et le ventre. La comédienne belge Stéphane Bissot dit avec amertume et douceur l’enfer des problèmes de poids, en décrit avec humour et insolence le cercle souvent infernal. Elle est drôle, superbe de justesse et d’aplomb, et on aurait aimé en savoir plus encore sur sa tragédie personnelle et la grossophobie hélas environnante. »
Fabienne Pascaud, Télérama
« À quel moment ce nom féminin, « grosse », est-il devenu un affront à la société, un surplus à dégager ? À quel moment, les femmes elles-mêmes se sont prêtées au jeu de l’exclusion et de la stigmatisation, comme le fait le personnage de la pièce, Blanche qui calcule ses écarts pour mieux pouvoir préparer ses « crises ».
Amélie Blaustein-Niddam, CULT NEWS
« On accuse le choc. »
La pointe
« On croit tout savoir sur le sujet et on en apprend encore, par le biais de cette vie brisée que Stéphane Bissot joue à fleur de peau. Elle est tellement belle, émouvante, prenante dans ces moments de laisser-aller, de crises. Dévastée, elle nous subjugue.
Elle est l’évidence de ce rôle. Elle est une Blanche à facettes, qui au fil des représentations, pare son jeu de ses humeurs du jour, des sentiments qui l’animent, dans l’ici et maintenant. Différente chaque jour, juste toujours. »
Marie Anezin, MAG LA POINTE
Durée du spectacle: 1H
Public: à partir de 14 ans
Texte édité aux Oiseaux de nuit