Nous attendons encore à 10h08 notre invité André Markowicz
- Klara Mothes et Adèle Lefebvre
- Thomas Lecomte, Agathe Saliou et Klara Mothes
- 1h10
résumé
À 10h08, l’émission “La Tête dans la culture” est en direct. Les chroniqueurs attendent leur invité, André Markowicz, venu parler du Nez de Nikolaï Gogol. Mais il n’arrive pas. Il faut pourtant tenir l’antenne.
Alors ils parlent. Ils commentent. Ils analysent. Ils tentent de faire exister l’émission malgré l’absence. Mais peu à peu, quelque chose leur échappe. Le discours se dérègle, la logique se fissure, les repères vacillent.
Et ce n’est plus eux qui s’emparent de l’œuvre, c’est l’œuvre qui s’infiltre, déborde, contamine. Jusqu’à faire basculer l’émission dans un univers absurde et incontrôlable, où la frontière entre réel et fiction disparaît.
Une question demeure : combien de temps peut-on continuer à parler… quand il n’y a plus rien qui tient ?
note d’intention
Chez Nikolaï Gogol, l’absurde n’est jamais gratuit : il révèle un monde où les individus s’accrochent à des structures vides pour ne pas faire face au vertige du réel. C’est précisément cet endroit qui nous intéresse aujourd’hui.
En choisissant comme point de départ une émission de radio, La Tête dans la culture, nous plaçons d’emblée le spectacle dans un espace où la parole est censée maîtriser, organiser, produire du sens. Mais cette mécanique repose sur un équilibre fragile : la présence de celui qui doit venir nourrir le discours.
Que se passe-t-il lorsque cette présence manque ?
L’absence de l’invité agit comme un point de rupture. Elle force la parole à continuer sans appui, à se prolonger coûte que coûte. Ce qui nous intéresse, c’est ce moment où le langage ne tient plus, où il s’emballe, se répète, se dérègle, tout en faisant semblant de fonctionner.
Peu à peu, ce ne sont plus les personnages qui manipulent le discours, mais le discours lui-même qui les entraîne. Et avec lui, l’univers de Gogol s’infiltre, déborde, contamine le réel.
Le recours au grotesque et au clown accompagne cette perte de contrôle. Il permet de pousser les logiques jusqu’à leur point de rupture, de rendre visibles des mécanismes absurdes que nous traversons quotidiennement sans pour autant les questionner.
Dans ce dispositif volontairement minimaliste, l’attention donnée aux aditeurs constitue le dernier espace de résistance.Mais les mots et les corps débordent, dérapent, cherchent une stabilité qui leur échappe.
Il ne s’agit pas pour nous de raconter une histoire, mais de faire éprouver une tension : celle entre notre besoin de produire du sens… et l’endroit où ce sens se dérobe.
Et dans cet écart, laisser apparaître quelque chose de plus brut, de plus instable, peut-être, au fond, de plus vrai.
biographies:
Klara MOTHES
Metteuse en scène/comédienne
Lors de sa formation à Sciences Po Lille, Clara multiplie les expériences théâtrales. Elle intègre l’école Claude Mathieu pour se professionnaliser. Elle est membre fondatrice du collectif Le Grand Festin. Elle assiste Abdelwaheb Sefsaf au CDN de Sartrouville. Elle donne des ateliers de théâtre comportemental dans le cadre de l’événement Apprentiscène.
Adèle LEFEBVRE – Metteuse en scène/comédienne
Durant ses études littéraires et son master à Sciences Po Lille, Adèle joue dans différentes créations. En 2020, elle intègre le Cycle Long de l’Ecole du jeu. Elle est membre fondatrice du collectif Le Grand Festin. Elle joue également dans Virgilio, pièce écrite et mise en scène par Louise Garcia-Joly.
Thomas LECOMTE –Comédien
En parallèle de sa formation d’ingénieur aux Mines de Paris, Thomas intègre l’école Claude Mathieu. Sur le plateau comme à la mise en scène, Thomas s’engage dans un théâtre accessible et sensible ; de la scène du théâtre Montansier aux places de village auvergnates. Il donne des ateliers théâtre au sein de la compagnie “Quel nom bordel”.
Agathe SALIOU –Comédienne
Agathe, 22 ans, est formée à l‘école Claude Mathieu de 2020 à 2023. Bercée dans les festivals de rue du monde entier, Agathe est particulièrement sensible au clown et au bouffon. Son univers se déploie grâce au chant lyrique et ses expériences au Théâtre de l’Atelier, à Aurillac, ou encore au cinéma. Elle est représentée par Marie Trunzo dans l’agence Plan A puis Tempérence.