Théâtre La Manufacture des Abbesses

Théâtre à Paris - La Manufacture des Abbesses


Thérapie anti-douleur (Auteur / traductrice)


Création site Internet pas cher Paris par Netalapage


L'AUTEUR

Laura FORTI

«Thérapie anti-douleur» a fait l'objet, en Italie, d'une lecture dirigée par Lukas Hemleb, au Piccolo Teatro de Milan (2005).

Le texte a été édité par la revue théâtrale "Sipario".

Le texte français a été lu dans le cadre du festival "Carte Blanche" (ETI/ONDA) à Chambéry (2007).

Le texte a été créé en Allemagne au Theater Lubeck, mise en scène de Gabriel Diaz.

En France, on connaît également :

«Pesach/Passaggio» - créé en 2004, mise en scène de Lukas Hemleb (Maison de la Culture de Bourges/Theatre de la Ville Paris) - traduction de Caroline Chaniolleau, avec le soutien de la Maison Antoine Vitez. Le texte est édité chez Actes Sud.

«Nema Problema»
Mise en espace au Théâtre National de Strasbourg, avec Gilles David et Charlie Nelson (2007).

Le texte a été de nouveau représenté en avril 2009 par la Comédie Française, au Théâtre du Vieux Colombier (Carte Blanche) et est édité chez Actes Sud.

L'écriture est toujours quelque chose qui se passe entre moi et la page blanche, entre mon intériorité et mon envie/nécessité de communiquer. Quand l'envie se déclenche, c'est une sorte de feu libératoire, une avalanche qui balaye toute hésitation.
Ensuite, après l'avalanche, après l'éruption, je suis presque maniacale. Je ré-écris le texte des centaines de fois. Je cherche une forme - ou, peut-être, c'est le texte lui même qui la cherche.
J'écris lorsque je suis frappée, indignée, bouleversée par quelque chose. Parfois, ce quelque chose est dans une page de journal, dans les faiblesses ou les ombres de notre société.

Plus souvent, cela vient de mon expérience autobiographique. J'ai beaucoup écrit sur la famille, en m'inspirant de la mienne, qui a été une formidable source d'inspiration, jusqu'à l'épuisement des noeuds et des dynamiques sur lesquelles je voulais enquêter.

J'écris essentiellement parce que j'ai un sentiment qui veut sortir, que je n'arrive plus à retenir, et je n'ai pas honte de le connaître et de le faire connaître. Longtemps, je me suis demandée : cela ne peut intéresser personne, s'il n'y a pas la distance nécessaire, si ce n'est que de la pornographie de viscères, si l'histoire me touche trop, si elle est trop douloureuse et personnelle ? Je sais, maintenant, que ce n'est pas vrai. Si un sentiment est authentique, le public le ressent, et le reçoit. J'ai donc appris à ne pas juger l'inspiration. Je ne réponds même plus à la question "pourquoi j'écris". Je verse dans l'oreille du personnage tout le poison que je peux y verser, et ensuite je l'observe se débattre, je le mets en difficulté, je trouve ses faiblesses internes et dans ses relations avec les autres. Je ne le lâche pas, tant qu'il n'a pas dit "sa" vérité, tant qu'il n'a pas craché son âme. Tant que l'exorcisme n'est pas accompli. Sans avoir honte de l'excès émotionnel, ni de la grandeur démesurée du corps du personnage.



Dernièrement, dans l'écriture théâtrale, il me semble décerner un problème: l'excès d'intellectualisme, la volonté de "réduire". Le problème n'appartient peut-être pas uniquement à l'écriture théâtrale, il est propre à la société dans laquelle on vit. Une société qui sépare la tête et le coeur, qui considère "intellectuel" tout ce qui fuit le sentiment (l'émotion), qui est considéré comme facile, pathétique. Une société qui met l'art dans les hautes sphères du cerveau, qui ne l'autorise pas à descendre sur terre, et à se mêler avec l'humanité. Par conséquent, dans l'écriture, les personnages deviennent des porteurs d'idées, raréfiées, inconsistantes, des porte-paroles idéologiques, fonctions d'un message universel. Leurs parcours intérieurs s'atrophient, ou disparaissent complètement. L'auteur leur enlève leur corps. C'est à dire, il les tue.

Je ne juge pas ceux qui écrivent et comment ils écrivent, à chacun son style. Ce qui m'insupporte, c'est cette idéologie, ce snobisme qui juge la partie émotionnelle d'un texte inintéressante, trop facile, et qui par conséquent l'élimine et la banalise en la stylisant en concepts abstraits, ou bien en la niant. Créons des personnages entiers, n'en faisons pas des vicomtes pourfendus, de pauvres mutilés sans bras !

LA TRADUCTRICE

Carlotta CLERICI

Si la tâche d'un traducteur est de créer des ponts entre différentes cultures, en lisant Terapia anti-dolore, le devoir de faire passer ce texte de l'Italie à la France m'a paru une évidence. On est là face à l'écriture d'un grand auteur : bouleversante, émotionnellement et intellectuellement, parce que capable de saisir l'être humain dans sa complexité, dans ses contradictions les plus profondes. Terapia raconte - dans un langage et une structure mimétiques du quotidien - une histoire privée, centrée sur des relations familiales. En même temps, cette histoire est profondément ancrée dans le monde d'aujourd'hui, ce qui donne lieu à une critique sociale d'une lucidité terrible. Ce qui n'empêche pas l'auteur de parler de la condition humaine dans sa problématique universelle. Le passage ininterrompu d'un plan à l'autre, la trame de relations subtiles entre Histoire publique et histoire privée, entre problématique sociale et problématique existentielle, le regard à la fois empathique et distancié sur les personnages permettent à l'oeuvre de mélanger émotions et humour, et d'éclairer quelques zones d'ombre de ce que nous sommes, de ce qui nous entoure.



La Manufacture des Abbesses

7 rue Véron, 75018 Paris - 01 42 33 42 03 - contact

 


Thérapie anti-douleur

Auteur / traductrice

Théâtre Pièce: Thérapie anti-douleur

Dimanche à 21 heures
Lundi à 21 heures
Mardi à 21 heures
Mercredi à 21 heures
(Jusqu'au 11 novembre)