Théâtre La Manufacture des Abbesses

Théâtre à Paris - La Manufacture des Abbesses


Sibylline (RESERVATIONS)


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«Un homme et une femme dans un salon. Silence de plomb interminable. Soudain, le premier dit à la seconde : « Si on invitait Tom à dîner ? » Le cauchemar ne fait que commencer, la discussion tourne en rond, part en vrille, puis en spirale infernale.
L’un des personnages est comme vampirisé par des forces obscures, évoquant les êtres hantés et déréglés de David Lynch...
Ce huis clos qui débute tardivement (23 h) est la cinquième pièce du dramaturge londonien Noli. Pour la première fois, cet admirateur de la nouvelle vague française a accepté de confier une de ses oeuvres à un autre que lui-même.
Le terrifiant duo masculin (remarquables Jean-Michel Tinivelli et Morgan Perez) et la bande-son, à peine audible mais omniprésente, font naître un angoissant malaise. Dommage que la mise en scène soit parfois calquée sur l’univers lynchien. Mais ce récit offre une sacrée dose de sueurs froides qui font encore frissonner bien après la représentation. D’autant que celle-ci s’achève peu avant les douze coups de minuit...»


 

«La Manufacture des Abbesses est en train de devenir l’un des principaux lieux de création théâtrale à Paris. (…)
Noli, à la fois dramaturge et cinéaste, est une sorte de lointain descendant d’Harold Pinter. Comme son illustre prédécesseur, il s’y entend pour élaborer des pièces dérangeantes qui n’hésitent pas à franchir résolument les bornes du réalisme. Il n’en a pas moins son univers à lui, inquiétant et violent, qui ravira à la fois les tenants d’un théâtre exigeant et les amateurs d’émotions fortes ou d’expériences inclassables. (…)

Marianne Groves a su trouver des comédiens à la hauteur de la subtilité des personnages. Jean-Michel Tinivelli, qui remonte sur les planches après vingt ans de cinéma et de télévision, fait une prestation remarquable dans le rôle de Paul. Sa voix chaude, ses brusques accès de violence, son jeu qui bascule dans la folie portent le spectacle. Son comparse Morgan Perez n’est pas en reste : tous deux jouent à merveille l’étroite e entre civilité et sauvagerie, puis le désir phallocrate d’avilir la femme, avec ses aspects obscènes et régressifs. « Pas le mauvais gars, ce Tom », répète Paul comme un disque rayé. Pour Noli comme pour Freud, la répétition est mortifère : l’auteur nous laisse entrevoir, derrière la routine du couple, les pulsions les plus primaires, l’envie de tuer tapie sous les conversations policées.(…)

La mise en scène, sobre, est sans failles. Le décor (le canapé-accordéon !), tout comme l’ambiance sonore très travaillée, contribuent à l’atmosphère à la fois onirique et oppressante du spectacle. N’en disons pas trop sur l’architecture savante de la pièce elle-même, qui réserve bien des surprises, contentons-nous de souligner l’habile crescendo ménagé avec brio par le metteur en scène.»



« Sibyllin » : dont le sens est caché, mystérieux, obscur. Sibyllines surtout dans le texte les paroles féminines que les hommes interprètent comme ça les arrange, et qui prouvent, si c’était nécessaire, que l’incompréhension gouverne les rapports entre les sexes. Enigmatique aussi le message que porte cette courte pièce, qui fait craquer le vernis social pour mettre à nu les pulsions les plus sombres. Et si tout cela n’était qu’un jeu ? »


 

« "On devrait inviter Tom à dîner ce soir." C'est sur cette suggestion d'apparence anodine que s'ouvre Sibylline. (…) D'emblée le malaise s'installe. Est-ce ce long silence qui a précédé la prise de parole, la nervosité de l'homme su son canapé, l'immobilité totale de la femme qui tourne le dos ? Sous la banalité des mots percent une inquiétante mais infime étrangeté. Le trouble ira grandissant quand la proposition initiale reviendra de manière obsessionnelle et "persécutante" et que disparaîtront progressivement les points de repères habituels du couple. Jusqu'à ce que nous ne puissons plus faire la différence entre cauchemar et réalité. (…) Le personnage de Carol est fascinant de bout en bout. sophie Vonlanthen l'incarne avec beaucoup de subtilité et joue de toutes ses facettes. Les acteurs sont bien dirigés par Marianne Groves dont la mise en scène rend justice à l'écriture minimaliste et concentrée de l'auteur anglais.»


 


Interview Marianne Groves (Radio Nova)
par Manufacturedesabbesses

«On est vraiment pris. On a peur avec Carole. (…) Noli, dont c'est la première pièce jouée en France, n'est pas dans la tradition psychologique mais dans celle de Pinter. On salue l'artiste. (…) Les trois comédiens sont excellents, le plaisir demeure»


 

«"Sibylline", titre à double sens particulièrement judicieux pour cette pièce atypique et singulière du dramaturge anglais Noli de même que le visuel intrigant de l'affiche choisi par Marianne Groves qui en a assuré la traduction, l'adaptation et la mise en scène.
Une écriture pour le moins originale, écriture circulaire pour des déclinaisons surréalistes de deux scènes, travail formel d'écriture à partir de dialogues d'une simplissime ordinarité pour une intrigue banale, un couple et une invitation à dîner pour un ami prénommé Tom, desquels émergent subitement non seulement des sous textes inattendus mais également des télescopages absurdes qui vont amener un sentiment d'inquiétante étrangeté.
Déjouant sans cesse les frontières entre la réalité et le fantasme, Noli opère des plongées immersives dans recoins sombres de l'âme humaine dans lesquels se nichent de ténébreuses pulsions dont on ne sait s'il s'agit d'affleurements sous forme de bouffées délirantes ou d'un jeu de société burlesque pour adultes avertis.
L'enjeu : la femme bien évidemment, victime toute désignée d'une coalition séminale ou soumise qui tire les ficelles d'une couple qui fonctionne sur le mode "push the limits", à qui Sophie Vonlanthen, tant au physique que dans le jeu, confère une ambiguité lynchéenne. Le propos : peut être une trinité délétère à la manière de Nietzsche, Paul Rée et Lou Andréas Salomé.
Cette partition burlesque au sens noir du terme, qui n'exclut cependant pas une certain humour jubilatoire, particulièrement ardue par les ruptures de ton et de registre pour les comédiens qui, en l'occurrence, s'en délectent, et en jouent, avec un appétit féroce, est mise en musique par Marianne Groves avec le doigté d'un neurochirurgien pour en extraire tous les sucs.
Sur la scène rouge, ce voyage dadaiste "par delà le bien et le mal" dans les méandres du désir, de la perversion et de la mort est balisé par un trio détonnant : face à la janusienne Sophie Vonlanthen, Jean-Michel Tinivelli et Morgan Perez laissent ouvert le champ des possibles.»


 


 


 


 


La Manufacture des Abbesses

7 rue V�ron, 75018 Paris - 01 42 33 42 03 - contact

 


Sibylline

RESERVATIONS

Th��tre Pi�ce: Sibylline

Vendredi et samedi à 23 heures (durée 50 mn)
Jusqu'au 4 juillet