Théâtre La Manufacture des Abbesses

Théâtre à Paris - La Manufacture des Abbesses


Quand le monde était vert (la fable du chef indien) (La Presse)


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«Après les folies goldoniennes (« Barouf à Chioggia ») Antoine Herbez resserre le dispositif scénique pour un huis clos, genre qu’il connaît bien. C’est un affrontement intergénérationnel exaltant qu’il propose, mené par un Michel Carnoy étonnant de force tranquille. Un spectacle bucolique qui se pare d’une philosophie de la vie d’un autre temps.
Antoine Herbez réussit avec ce texte fort et teinté d’humanisme d’un autre temps à porter la lenteur vers des sommets d’exaltation. Le style très épuré de sa mise en scène se marie en effet parfaitement avec le rythme lent, presque lancinant, du propos. Ponctué par des interventions musicales d’instruments indiens, le texte prend corps et vie en un crescendo dramatique qui captive sans qu’il y ait besoin d’effets tapageurs. C’est rare, un spectacle qui prend son temps à ce point-là…
L’action a beau se dérouler dans une prison, jamais on ne ressent l’impression d’un quelconque enfermement. Bien au contraire, les espaces semblent s’ouvrir à nous, comme transcendés par les mots du vieil indien. Car le véritable voyage est ici de l’ordre de l’intime, du spirituel. Assurément le plus sûr moyen de s’évader…
Ce vieil homme est incarné par Michel Carnoy. Son imposante stature et sa voix de conteur, dans laquelle se lisent toutes les fêlures, habitent la scène entière. Il est l’âme et le corps de ce spectacle»

Quand le monde était vert (la fable du chef indien)


 

«Le personnage de vieux cuistot revient à l'excellent Michel Carnoy (acteur et adaptateur d'Opening Night avec Marie-Christine Barrault), qui nous donne à ressentir comment le déni, l'orgueil et la lassitude se court-circuitent dans le cerveau d'un vieil homme sabordé. En face, Marie Le Cam jongle avec toutes les tensions de son personnage volontaire et lui-même hanté. Leur lien se tisse donc autour de fantômes qui confèrent son atmosphère et son épaisseur à ce texte plutôt bref. La mise en scène d'Antoine Herbez est semée d'instants musicaux (flûte et tambour signés Timothée Couteau)… Elle laisse leur espace aux acteurs et au mystère.»

Quand le monde était vert (la fable du chef indien)


 

«La mise en scène est sobre, la pièce, signée par Sam Shepard et Joseph Chaikin. Quelque chose de tendre et d’humain se tisse entre un vieil indien (Michel Carnoy, très convaincant) et une jeune fille (Marie Le Cam). Lui a vécu pour accomplir une vengeance ancestrale, le meurtre de son cousin, mais il s’est trompé de victime elle croît venir visiter l’assassin de son père. Deux êtres brisés retrouvent ensemble communication, désir de vivre et paix intérieure. Au cur de leur lien fragile, la nourriture, les petits plats et les épices. Le goût et les saveurs comme lien intime et profond à la vie. La mise en scène parvient à rendre sensible un rapport primitif aux grands espaces et à la nature, malgré les barreaux de la prison …»

Quand le monde était vert (la fable du chef indien)


 

«La pièce nous plonge au cur même de l’Amérique. Un peuple neuf qui s’est installé sur les terres ancestrales d’un autre. Cela passe par la métaphore. Nous sommes en prison. Un vieil Indien vient d’être incarcéré pour l’assassinat d’un homme. Une vengeance dont il devait s’acquitter.la victime n’était pas la bonne. Une jeune fille, en mal de père, en mal d’identité, vient lui poser des questions. Que cherche-t-elle ? Qui est-elle ? Celle qui apportera la paix. Nous allons à la rencontre de deux êtres issus de la même terre. Leur échange sur la nourriture ramène aux bases. Qu’elle soit concrète, intellectuelle ou spirituelle, elle est essentielle. D’un esthétisme épuré, la mise en scène d’Antoine Herbez est d’une belle facture, sa direction d’acteur précise. Michel Carnoy, dans le registre de la sobriété, donnant à l’Indien une belle humanité. Marie Le Cam, sans jamais tomber dans l’emportement, est formidable. Le musicien, Timothée Couteau, tel un fantôme du passé, une conscience, accompagne le dialogue entre ces deux êtres qui ne demandaient qu’à s’estimer.»

Quand le monde était vert (la fable du chef indien)


 

«Sam Shepard est à n’en pas douter l’un des écrivains américains les plus talentueux de sa génération. Moins romantique et moins mystique que Jack Kerouac, il partage avec le précurseur de la Beat Generation le goût de la dérive, du voyage, de la beauté fêlée, blessée, atypique. Et comme ses grands aînés, Walt Whitman par exemple, il l’homme au cur d’un paradis perdu. (…) Les poèmes, nouvelles et pièces de théâtre de Shepard, pourtant passionnants, demeurent chez nous relativement confidentiels, à quelques exceptions près.
Aussi faut-il saluer le choix fait par le Manufacture des Abbesses de présenter au public une pièce créée aux Etats-Unis en 1996 mais inédite en France, «Quand le monde était vert» (…)De la confrontation entre les deux personnages, entre le besoin de solitude et le besoin de l’autre, ressort une méditation sur la mémoire, le destin et la sensualité. (…) Ce n’est pas l’intrigue, somme toute banale, qui intéresse ici, c’est la manière, subtile et délicate, dont Shepard en fait un poème élégiaque, alternant dialogues, monologues et silences c’est l’art avec lequel il sait donner aux choses les plus concrètes, la préparation d’un plat par exemple, une portée universelle. Avec en arrière plan, un écho seulement, des guerres passées et présentes qui enlèvent à chacun d’entre nous sa part d’humanité.
La mise en scène d’Antoine Herbez, justement dépouillée va à l’essentiel. Les deux comédiens ainsi que le musicien qui, avec plusieurs instruments de musique, les accompagne, sans jamais illustrer, servent l’écriture de l’auteur avec sincérité.»

Quand le monde était vert (la fable du chef indien)


 

«Quand le monde était vert a le mérite de se démarquer de beaucoup d’autres pièces présentées actuellement. En effet, ce spectacle innove, étonne, dépayse… et rien que pour cela, il est à encourager ! (…)Le décor est minime et pourtant efficace : un banc et des barreaux mobiles. Ces derniers sont très habilement utilisés et permettent, dès la première scène, de faire comprendre au spectateur qu’il est question de prison. Les comédiens finissent, tout aussi habilement, par s’en affranchir, la mise en scène se suffisant à elle-même.
La présence d’un musicien (Timothée Couteau) et le jeu entre celui-ci et les deux comédiens principaux sont très intéressants. Car le son de la flûte se marie parfaitement à la voix rauque du vieil indien (Michel Carnoy). De ce mariage naît une mélodie pleine de poésie. Le musicien, s’il est à part (tout de noir vêtu, s’immobilisant, le regard fixe, dans le vague, lorsque le dialogue entre les deux comédiens reprend), ne se trouve pas pour autant mis en dehors du dispositif scénique. Un réel jeu opère avec ce dernier : il est à la fois dans et hors de l’histoire. Au fur et à mesure de la pièce, les échanges avec lui se font de plus en plus fréquents, que ce soit par le regard ou par les mouvements. Un jeu d’attraction-répulsion, scénographiquement très pertinent, est mis en place, jusqu’au contact physique final ...
Marie Le Cam, dans la première scène, impressionne, touche. Alors qu’elle parle au vieil indien, ses yeux brillent, sa voix est porteuse d’émotion ...
La voix de Michel Carnoy semble particulièrement se prêter au rôle du vieil indien. Rauque, un peu cassée, elle est perçue comme celle d’un homme qui a traversé de nombreuses épreuves durant sa vie ...
Par le choix du texte, la mise en scène, l’intégration de la musique… Quand le monde était vert se distingue ... »

Quand le monde était vert (la fable du chef indien)


 

«Antoine Herbez, le metteur en scène suggère simplement le lieu de l’action : un banc de bois et une grille facilement déplaçable évoque clairement la cellule. Il met en lumière les émotions et les découvertes que l’histoire tisse dans un huis clos. Dans la fable comme en scène on s’interroge sur la difficile communication et ce que l’enfermement peut pousser à révéler. Les deux personnages n’échangent pas dans un cadre habituel, leurs secrets de vie sont dévoilés au fur et à mesure qu’ils s’apprivoisent. Ces deux générations se rencontrent pour un seul homme. Dès le début de la fable, le vieil indien prévient qu’une « seule femme peut effacer l’insulte ». A la fin, c’est avec sagesse qu’elle, la jeune fille, reprend les paroles d’une terre natale qui a lieu « Quand le monde était vert. »

Quand le monde était vert (la fable du chef indien)

Theatrorama

«Ce texte de Sam Shepard, jusqu’ici inédit en français, a un charme certain. Avec sa belle écriture qui n’hésite pas à effleurer la poésie, ce conte initiatique nous parle de thèmes essentiels. Il évoque le poids de l’histoire familiale et la façon dont les obsessions peuvent nous aveugler : le vieil Indien est tellement obnubilé par son devoir de vengeance qu’il se détache de la réalité et n’est même plus sûr d’avoir tué la bonne personne. La fable évoque aussi la rencontre, au-delà des différences culturelles et générationnelles, de deux êtres. En se comprenant et s’acceptant, ils vont se faire le plus fort des cadeaux, celui de se libérer du poids de leur histoire pour enfin pouvoir exister en tant qu’individus autonomes.»

Quand le monde était vert (la fable du chef indien)


 

«Le texte brillant de Sam Shepard et Joseph Chaikin ménage le suspens jusqu’à la fin.
Porté par la flûte hypnotisante jouée par un jeune indien (Timothée Couteau), le spectateur plus encore que de rentrer dans la cellule du vieux chef aux cheveux d’argent, embrasse son monde et pénètre dans un pan entier de traditions et de coutumes. La rencontre et la confrontation entre ces deux personnalités et ces deux univers est captivante et nous tient en haleine, tout en nous transmettant la sérénité de cet homme, en relation directe avec la nature.
Au cours de ce face à face, chacun de ces deux personnages va être le révélateur de l’autre, lui offrant, au fil des liens qui se tisseront entre eux, une grande part des réponses qu’il cherche depuis des années.
La mise en scène d’Antoine Herbez, concentrée sur une direction d’acteurs au cordeau et un rythme envoutant, fait de cet échange basé sur l’écoute et la tolérance, un spectacle apaisant d’une rare profondeur où tous les silences sont parlants.
Michel Carnoy donne à ce chef indien tout le charisme et l’humanité nécessaire. Il est parfait dans le rôle de cet homme calme en lutte intérieure avec ses démons et le poids du passé.
Quand à Marie Le Cam, bouleversante de force et de sensibilité, son interprétation tout en finesse est prodigieuse.
Pour ces deux comédiens au sommet de leur art et l’ambiance qui émane de cette fable, il ne faut pas rater ce bijou d’émotion et d'humanisme. Une belle réussite.»

Quand le monde était vert (la fable du chef indien)


 


La Manufacture des Abbesses

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Quand le monde était vert (la fable du chef indien)

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