Théâtre La Manufacture des Abbesses

Théâtre à Paris - La Manufacture des Abbesses


Puissants & Miséreux (La presse)


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«On est saisit d'abord par le timbre des vois, leur rythme, leurs éclats alcoolisés, leurs ricanements sonores et inquiétants. Leurs résonances dans le sombre espace souterrain, aussi, où la seule lumière possible est la lumière du jour… Yann Reuzeau a su restituer un véritable paysage sonore : celui des exclus de tous bords, des perdus, des perdants qu'on entend ici justement et superbement. Une étonnante violence vocale. Ils sont d'une singulière présence, les quatre bougres frigorifiés que seul l'alcool parvient à réchauffer. Chassés d' "en haut", où on ne les tolère plus, ils survivent comme ils peuvent… Et les quatre de réinventer, entre eux, la tragédie. Yann Reuzeau ne juge pas, il montre. Avec un justesse brutale. La même qu'il affecte pour la deuxième partie de son diptyque à ceux d'en haut, les dirigeants d'un grand groupe qui se disputent sauvagement ici la direction de l'affaire. Relations cannibales entre père, fille et frère, monde capitaliste tout autour, Reuzeau parvient une fois encore à figurer avec vraisemblance un milieu, une crise financière. Car le centre de ce diptyque est l'argent. En avoir ou pas. Pourtant quel que soit le degré de richesse, les relations à l'autre sont toujours assassines. Voilà ce que montre ce spectacle efficace et bien mené où le même acteur (Jean-Luc Debattice) incarne avec puissance le chef des paumés et le patron des nantis où une comédienne rare (Sophie Vonlanthen) suggère avec fragilité la descente aux abîmes dans l'enfer de soi…»


 

«En ces temps où les riches n'ont jamais été aussi riches et le pauvres aussi pauvres, Yann Reuzeau met en parallèle ces deux mondes qui ne rencontrent jamais. Loin de tout manichéisme, ce qui est montré là ce sont les pulsions de vie et de mort, la lutte pour exister, qu'elle s'exprime sur un chemin de roses ou d'épines. Intelligent et audacieux.»


 

«Il est des spectacles qui vous imprègnent à la manière de ces brumes d'automne pénétrantes. Ecrit en feu et glace par Yann Reuzeau, ce diptyque parle une langue âpre, torturée, bilieuse. Il raconte des vies brûlées par le productivisme et dit l'exténuation de l'époque. (…) Aucun apitoiement bon teint, aucune morale ni jugement dans ces précipités de vie dont la tension latente et les accès de violence saisissent. Rien que du brut, à cogiter à rire ou à pleurer. Comment avoir une place dans le monde? Cette question aussi politique qu'intime hante le spectacle qui scrute aussi les dérèglements affectifs, les névroses familiales et les meurtrissures sociales dans les faits les plus ténus. La beauté de la pièce tient dans la justesses intuitive avec laquelle l'auteur se branche sur l'époque, dans sa capacité à rendre incandescentes toutes les vies dans leur complexité infinie et leur grâce blessée.
On hésite à sortir d'écrasante références mais c'est bien du côté du Pasolini d'"Accatone" ou du Bunuel de "Los olvidados" que semble avoir germé ce florilège de destins.
La mise en scène sèche et nerveuse y trouve sa pleine expression, soutenue par des comédiens irréprochables : David Nathanson et Romain Sandère (épatants en trublions asociaux), Martine Martin-Ehlinger (froide comme un trader avant la crise), Morgan Perez (médiateur affûté), Damien Ricour (bombe à retardement assurée) et Sophie Vonlanthen, qui cisèle un personnage féminin d'une densité poignante. Coup de chapeau spécial enfin à Jean-Luc Debattice : avec sa présence singulière, sa générosité et la modestie de son jeu, il fait ici merveille.
Ce spectacle se dévore pour son sujet, et se déguste pour la manière. Yann Reuzeau a bossé deux bonnes années sur ce superbe échantillon de théâtre vérité. Notre bonheur le récompense.» (5 avril)

Et le 12 avril : «Une distribution impeccable… un diptyque âpre et captivant qui vous colle au fauteuil.»


 

« Tous égaux », semble nous dire l'auteur metteur en scène Yann Reuzeau, qui ne juge pas mais montre. Comme d'habitude, dans ses deux pièces, il interroge la société sans concession. Mais - et c'est sa patte - sans perdre de vue l'essentiel : l'humain reste au cur de son projet. Dans sa mise en scène, il évite avec brio tous les écueils. On croit à ces clochards comme on croit à ces patrons. Avec des comédiens excellents.»

Puissants & Miséreux


 

«Aussi dense qu'ambitieux (…) La partition de Reuzeau est aussi brutale que réaliste. Il n'y aucun jugement, aucune morale, aucun condamnation. Il ne cherche pas à attendrir le public avec un pathos larmoyant, mais plutôt à le placer dans le rôle de l'observateur de la société. Et c'est précisément cette gageure qui fait de ce travail une réussite. L'autre atout du spectacle, c'est la précision du jeu de l'ensemble de la distribution. Dans le rôle de Mélanie, travailleuse pauvre qui glisse inexorablement vers la misère, Sophie Vonlanthen est étonnante et émouvante. David Nathanson et Romain Sandère composent leurs personnages avec la même justesse. Jean-luc Debattice est le seul comédien dans un double rôle. Il est aussi convaincant en chef des miséreux qu'en PDG. Du côté des puissants, Damien Ricour est impressionnant en futur ministre. Marine Martin-ehlinger brille de sa froideur et Morgan Perez, tente d'apaiser les fureurs…ils sont tous impeccables»

Puissants & Miséreux


 

«Le sujet n'était pas sans risques mais Reuzeau a su éviter les pièges qui le guettaient. (…) Des personnages étonnant d'humanité et de vérité. La mise en scène donne à voir sans parti pris. La succession des deux pièces prend une force inattendue.»


 

«La Manufacture des abbesses continue de tracer un chemin cohérent et enthousiaste. Avec « Puissants et miséreux », le petit théâtre niché sur la butte Montmartre et dédié aux écritures contemporaines nous propose un miroir sans complaisance des contradictions de notre société. Brut et exigeant, ce spectacle tente d’interroger la question des contrastes sociaux, et de la puissance de l’argent. Une recherche menée avec beaucoup d’intelligence.
Créée en 2006, La Manufacture des abbesses affirme, depuis, son identité avec une programmation de qualité. Dans cette nouvelle création, les deux codirecteurs du lieu, Yann Reuzeau et Sophie Vonlanthen ont des places de choix, puisque le premier en est l’auteur et le metteur en scène tandis que la seconde y est comédienne. Un choix qui lie donc intimement ce spectacle au lieu lui-même, et où les deux comparses affirment ce que l’on pourrait nommer leur désir de théâtre, ou leur désir pour le théâtre.

En l’occurrence, c’est un théâtre pleinement en lien avec notre réalité qu’ils nous proposent, c’est-à-dire en lien avec la réalité de notre société capitaliste. (…)
Yann Reuzeau a donc choisi un parti pris résolument réaliste, aussi bien dans l’écriture que dans la mise en scène. C’est un choix a priori difficile, car comportant de nombreux risques : visions clichés de la misère comme de la puissance, complaisance, agressivité des images, superficialité du propos… C’est donc sur un terrain miné que Yann Reuzeau a choisi de s’aventurer, et d’avancer. Il avance, donc. Il avance, oui. Mais d’un pas léger. D’un pas tranquille. Peut-être danse-t-il plus qu’il ne marche, d’ailleurs. Et, avec des personnages d’une parfaite crédibilité et une absence de didactisme, il parvient à nous donner à voir, tout simplement. Et prouve alors que ces thèmes ne sont pas théâtralement dangereux, mais bel et bien nécessaires, quand la nécessité de leur auteur s’allie à son évidente humilité.

« Humilité » apparaît en effet comme un terme important dans le travail de Reuzeau et de ses interprètes. « Humilité », et « humanité », aussi. Ici, les comédiens ne montrent pas, ne prouvent pas. Ils jouent à peine. Ils se contentent d’être. D’être pleinement humains, à l’intérieur de personnages pleinement incarnés. On les sent bienveillants à l’égard de leurs personnages, comme des amis à qui ils tiendraient la main, l’épaule. Dans la première partie, consacrée aux « Miséreux », les quatre interprètes sont tout simplement bluffants. L’image est juste, le rythme est juste, « l’humain » est juste et l’empathie, étouffée en nous à force de trop détourner la tête dans la rue, se met à galoper. Cette empathie qui se réveille et enfle douloureusement n’a pourtant rien à voir avec une émotion facile devant une kermesse de la misère. C’est la douleur de l’impuissance, celle de notre humanité, qui a mal de ne savoir que faire.

Cette impuissance apparaît comme un fil dans le spectacle de Reuzeau. C’est l’impuissance de notre société face à ses inégalités, mais c’est aussi une impuissance d’essence plus théâtrale, qui a lieu sur le plateau, et qui fait que les questions ne peuvent que demeurer en suspens. Qui rend impossible la rencontre entre les personnages de la première et de la seconde partie, mais également une pleine conscience de leur existence mutuelle. Là est, peut-être, la e paradoxale de Puissants et miséreux. Car, en un sens, on souhaiterait qu’un lien théâtral émerge entre ces deux mondes, entre ces deux « chapitres ». La première partie est d’une telle force que l’on souhaiterait aller plus loin, entendre des réponses, ou des propositions de réponse à ce « et alors ? » qui nous étreint quand les clochards disparaissent. On souhaiterait aller plus loin qu’une photographie, aussi juste soit-elle, des contrastes de notre société. Mais pour cela, il aurait fallu, peut-être, ne pas aborder ces problèmes sous l’angle du réalisme, car il rend difficile le dépassement du simple constat. Et alors l’effet de miroir eût probablement été moins efficace, et avec lui la puissance de ce spectacle probablement moins percutante.
Le problème paraît donc insoluble. Et nous interroge sur la pertinence des outils du théâtre face à ce type de sujet. Questionnement passionnant, et qui n’enlève en rien la qualité du travail de Reuzeau et de son équipe. Bien au contraire. Leur proposition ouvre les portes du sens et nous met sur une voie, sur des voies qui proposent, paradoxalement, un début de réponse. Le théâtre est tel un espace ouvert où le monde peut jouer, se jouer, sans complaisance de salon, avec la simple exigence nue de ceux pour qui l’absence de réponse n’empêche pas de poser les questions.»


 

«D'un côté les SDF, de l'autre les grands patrons. Deux mondes aux antipodes et qui s'ignorent. C'est cette dichotomie que le metteur en scène Yann Reuzeaux a voulu faire vivre dans sa pièce Puissants et miséreux: "Ce sont deux mondes dont on parle beaucoup dans la presse, mais qui sont peu abordés dans les fictions notamment au théâtre. Deux mondes où se côtoient la peur symptomatique de l'exclusion d'une part, et le rapport à l'argent, les excès du pouvoir."

La pièce jette une lumière crue sur ces sujets sombres et durs. La première partie du diptyque plonge le spectateur dans le quotidien des Miséreux.

Une planque sous le périphérique. Quatre personnages survivent dans le quotidien de la rue. Le froid, la faim et l'alcool les rongent. "La peur de devenir SDF s'ajoute au fatalisme de deux personnages, qui n'ont pas d'avenir". Puis cette misère souterraine disparaît pour laisser la place aux Puissants: un empire industriel et familial disputé. Cette fois-ci, c'est la soif du pouvoir qui dévore les membres du même clan. "C'est une guerre de pouvoir où on sait que l'un des deux va rester sur le carreau", explique Yann Reuzeau.
Ces deux tableaux indépendants sont liés par la violence qui s'en dégage. Un côté "animal" selon Yann, Reuzeaux. "La meute" des SDF fait face aux grands fauves qui luttent au sommet. Sans toutefois tomber dans les clichés.
Pour adapter la réalité à la fiction, le dramaturge est allé à la rencontre des sans-abri autour du périphérique parisien. La méfiance, la solitude et le renoncement observés ont inspiré l'histoire des Miséreux.

Pour les Puissants, il a fallu éviter "la caricature des patrons qui veulent s'enrichir". L'auteur s'est imprégné des analyses sur le sujet, des biographies, et a cotoyé des consultants et des conseillers en images.

Une démarche de journaliste pour rendre compte de deux réalités extrêmes, sans jugement, ni morale. »

Puissants & Miséreux


 

«Yann Reuzeau réussi à brosser un tableau brut de notre société, stupéfiant de réalisme. Il est rare de voir au théâtre un sujet traité avec autant d’humilité.
Une belle et grande performance pour ces comédiens, ils habitent leurs personnages,décriant une réalité insoutenable pour les SDF et un monde dénué de valeurs pour les autres.
La mise en scène est originale on passe de l’ombre à la lumière, du monde des nécessiteux à celui des nantis sans aucun jugement,on devient témoin de ces deux drames en simples spectateurs.
Pari réussi pour la nouvelle pièce de Yann Reuzeau, une réflexion sur le monde et ses extrêmes, brûlante d’actualité d’une réalité surprenante portée par des comédiens exceptionnels.
Du grand théâtre !»


 

«D’inquiétants bruits de voitures, une toux sèche. Un matin comme un autre, sous le périphérique, pour trois clochards. Trois générations, trois états de marginalisation. Bariton, depuis trente ans à la rue, s’acquitte comme il peut de son rôle de vieux sage résigné, ponctuant tout débat d’un paternel « tu ne sais rien toi ». Hector, depuis suffisamment longtemps à la rue pour ne plus espérer en sortir non plus, nourrit encore de la colère pour la société et des idéaux de dignité humaine. Enfin, Dylan, jeune homme naïf et surexcité, s’acharne à s’extirper de cette condition, et à amener ses amis avec lui. Ils accueillent depuis la veille Mélanie, une jeune intérimaire en situation précaire, qui se laisse aspirer par la rue, trop effacée pour lutter. Dans un décor plus que réaliste, les bouteilles de vins s’échangent, seul réconfort dans ces scènes de vie. Aucun misérabilisme, aucun cliché, juste une fenêtre ouverte sur un monde méconnu.

Alors, le décor change à vue, dans un demi-noir : un parquet et un rideau rouge remplacent le sol et les murs sales, les bouteilles et les livres écornés laissent la place à un mobilier design. Devant la scène, Bariton se transforme en Daniel, magnat de l’industrie : il se redresse, laisse ses guenilles pour un costume luxueux, et gomine ses cheveux. En un bond, le spectateur est à l’autre extrémité de la société, chez les ultra-nantis, monde tout aussi inconnu. Un drame se joue dans les hautes sphères : Daniel a créé et hissé sa société au sommet, mais un souci de santé le met quelques temps hors-jeu. Sa fille Carole en profite pour prendre les rênes, s’opposant violemment à son père dès son retour. Son frère Alain comprend qu’il n’existera jamais dans cet oppressant univers et abandonne pour se lancer en politique, mais il est rattrapé par les manigances de Carole. Eric, ancien trader, est également membre de ce cercle fermé, de cette « famille », qui appelle le président de la République par son prénom.

Ces deux mondes se méconnaissent totalement, séparé par un large continent, celui des gens « normaux », la classe moyenne. Dans les deux cas, un article de presse leur fera évoquer le monde opposé, avec naïveté et force clichés, prouvant une ignorance totale de la condition de l’autre. Et pourtant, le metteur en scène, Yann Reuzeau, révèle avec beaucoup de finesse et de subtilité les similitudes entre ces deux univers. Malgré eux, et totalement inconscients du phénomène, les puissants et les miséreux apparaissent identiques dans leurs faiblesses.
Voyage aux extrêmes de la société

La peur, d’abord, qui les gouvernent, peur de manquer pour les uns, de perdre pour les autres. Angoisse de laquelle découle le besoin d’en avoir toujours plus, des deux côtés du spectre de l’argent. Une interrogation permanente sur la dignité humaine les animent également : Hector se demande sans cesse comment rester un homme, tandis qu’Alain exprime la culpabilité de celui qui est né avec une cuillère endans la bouche et n’a jamais rien prouvé. Enfin, ils cachent leurs faiblesses en disant ne pas s’aimer, renier tous liens affectifs, mais laissent transparaitre une forme, si ce n’est d’amour, de solidarité entre eux.

Yann Reuzeau prend soin de ne jamais croiser les deux univers, évitant ainsi l’écueil de la relation victime/bourreau. Ces deux volets se suivent comme un feuilleton, par tableaux successifs, sans passages à vide. Le dosage de l’émotion est parfait, et ne glisse jamais vers l’apitoiement pathétique. Les excellents comédiens parviennent à rendre leurs personnages aussi vertueux ou méprisables des deux extrémités de l’échelle de l’argent, parce qu’après tout, la seule différence entre eux est « le jeu qu’ils ont reçu au début de la partie de poker », comme le souligne Daniel. Quatrième pièce du metteur en scène, troisième à explorer un drame de notre société, « Puissants et miséreux » est sans conteste réussi. La justesse et l'enthousiasme des comédiens maintient la pièce dans la catégorie des très grands spectacles.»

Puissants & Miséreux


 

«(…)Un pari pour le moins hardi.
En effet, il a choisi de traiter, comme l'indique le titre, deux mondes, particulièrement significatifs et quasiment antinomiques, situés aux antipodes de l'échelle sociale, - les bas fonds et les nantis - en abordant de nombreuses thématiques sociétales et ce, sous forme d'un diptyque qui ressort également de l'exercice de style réussi.
En effet, au niveau de la construction, les deux opus sont conçus de manière symétrique autour du pivot que constitue l'argent, objet de toutes les luttes, lutte pour la survie ou lutte pour le pouvoir, avec le même nombre de personnages, trois hommes et une seule femme, à qui est attribué le rôle moteur.
Emergent en miroir de nombreuses similitudes : dissensions et confrontations se déroulent dans un microcosme à la structure pyramidale toujours normée, avec le même principe, la solidarité, solidarité de fait pour l'un, lien du sang pour l'autre, avec pour seules différences le vocabulaire et les enjeux.
Premier temps, décor réaliste et naturalisme maîtrisé pour une plongée en apnée dans un cul-de-basse-fosse à la rencontre de ceux qui sont invisibles aux yeux de la bonne société. Rencontre et cohabitation de deux générations de SDF : les plus anciens, clochards flamboyants et irréductibles, libertaires sans Dieu ni maître, qui perpétuent leur propre code de l'honneur, de vraies gueules magistralement campées par Jean-Luc Debattice et David Nathanson, et les nouveaux venus, au choix les victimes de la précarité ou les exclus de la croissance, qui essaient encore de garder la tête hors de l'eau. Un jeune paumé bas du front qui use de tous les expédients possibles, interprété par Romain Sandère, et une jeune femme de condition très modeste à la dérive, rôle pour lequel Sophie Vonlanthen, distribuée en contre emploi, donne une composition "Actors Studio" saisissante et impressionnante.
Second univers, les hautes sphères de la finance, de l'économie et de la politique, nouveaux ordres du royaume républicain, incestueux triumvirat que Yann Reuzeau entreprend d'explorer par la voie d'une race marginale celle des grands groupes familiaux.
Affaibli par la maladie, le pater familias tutélaire, personnage à la Bullitt de Kessel sur mesure pour Jean-Luc Debattice, qui s'est métamorphosé à vue pendant le changement de décor, a dû lever le pied. Il se rend compte que face à un fils (Damien Ricour parfait)qui n'espère plus devenir calife à la place d'une calife qui ne veut pas décrocher, il ne peut compter que sur lui-même refusant d'adouber sa fille (personnage qui sous la houlette de Marine Martin-Ehlinger n'est pas sans ressemblance avec la présidente du MEDEF) ou un fils spirituel qui reste un étranger (Morgan Perez convaincant). »

Puissants & Miséreux


 

«Dans Miséreux, Yann Reuzeau, qui signe également la mise en scène, réussit un morceau de naturalisme que ce vieil Antoine dans son Théâtre-Libre n'aurait pas renié. Nous ne sommes plus aux Abbesses, nous sommes bel et bien sous le périph', avec sa lumière blafarde, ses guenilles, le froid, les bouteilles, la violence, les coups de gueule, la générosité... Quatre paumés plus ou moins irrémédiablement à la rue s'abritent sous le même pont. Les mots sont incertains, souvent imbibés d'alcool, les humeurs connaissent sans cesse des pics d'enthousiasme prompts à laisser la place au prochain accès de colère vaine. Le texte semble n'être pas écrit mais émaner directement des âmes ravagées de ces quatre miséreux que le public voit comme il verrait quelque-chose de vrai mais qu'il n'a jamais eu l'occasion de connaître auparavant. Les comédiens ont tous la gueule de l'emploi et sont surprenants de réalisme. Une première moitié de pièce totalement bluffante qui, à elle seule, mérite le déplacement.»

Puissants & Miséreux


 

«Un abri, quelque part, sous le périphérique ... quelques toux pour le moins avinées montent de la pénombre. Deux hommes partagent ce territoire depuis assez longtemps et une femme est venue accidentellement se joindre à eux, ce que Bariton réprouve avec véhémence. La rue, il connaît puisqu'il y fut condamné il y a de cela 30 ans pour un homme c'est déjà galère, alors pour une femme ! ...
En fait, c'est Hector qui a ramené la fille et s'est quelque peu saoulé hier en sa compagnie. Elle se nomme Mélanie est à la dérive et même l'existence de ses enfants ne peut parvenir à lui donner le courage qui lui fait défaut pour remonter la pente sur laquelle elle dégringole. Trop fragile, trop seule surtout.
Dylan va à son tour faire son apparition, brouillon comme d'habitude mais plus acharné que les autres à s'en sortir. Cà, c'est le monde d'en bas. Celui que ceux d'en haut ne rencontreront jamais sinon au détour d'un fait divers lu dans la presse.
Le seul lien entre ces deux univers se créera au pied de la scène, à la fin de la première partie du diptyque, quand face au public, Jean-Luc Debattice quittera la défroque du clochard pour endosser l'habit de magnat de l'industrie. La métamorphose aura alors lieu en direct, sous nos yeux.
Nous quittons la meute pour aborder l'univers des requins.
Daniel est ce PDG qui a un temps levé le pied, suite à un accident de santé et sa fille Carole s'est empressée de prendre l'affaire en mains. Bien entendu, elle a des idées nouvelles, veut les imposer et le maître des lieux de retour ne voit pas cela d'un très bon oeil. Alain le fils et le frère a décidé d'abandonner le monde des affaires pour celui de la politique. Et puis il y a Eric, cet ancien trader pièce rapportée certes mais qui s'est investi et pense avoir son mot à dire ...
Les deux extrêmes de la société actuelle sont dépeints ici, crûment avec un indéniable jusqu'au-boutisme qui ne fait hélas que traduire la réalité.
Les comédiens semblent s'être investis, corps et âme et ce qu'ils disent sonne terriblement juste. La présence et l'envergure surtout de Jean-Luc Debattice, sa puissance d'expression sans égale est porteuse bien évidemment. Et s'ils sont tous visiblement au meilleur de leur forme, je voudrais souligner l'intéressante composition réalisée par Sophie Vonlanthen. C'est à la fois subtil, intelligent et elle rend naturel quelque chose de très compliqué à faire par une élocution tout spécialement mise au point. (du travail d'orfèvre en quelque sorte mais d'où l'émotion se dégage.)

Une pièce dont le thème ne nous quitte pas en sortant mais reste bien au contraire présente à l'esprit quand on l'a vue. A voir et revoir même !»

Puissants & Miséreux


 


 

«Cette pièce vaut le détour. (…) la très grande justesse de l’interprétation de ces comédiens. Les corps sont totalement investis dans l’action et on y voit un début de bestialité. Et une humanité ressort de ces personnages, on s’attache à eux.
Cette pièce, très réaliste, a une incroyable résonance par rapport à la crise financière que l’on connaît depuis à peu près un an.»

Puissants & Miséreux


 

« Selon que vous serez puissants ou misérables, les jugements de cour vous rendront blancs ou noirs » cette pièce se devrait donc être soit l’un ou l’autre… ici elle se veut idéalement et blanche et noire.
L’auteur parle de diptyque, il s’agit de deux histoires avec un dénominateur commun : l’argent. Certains n’en possèdent pas ou plus du tout et d’autres en ont bien plus que trop. Analyse spectrale de l’une et l’autre catégorie…
Première section : un quatuor de clochards trois hommes, un plutôt vieux, un moins vieux , un plus que plus jeune et une femme, jeune aussi, tous squattant un sous-sol sous le périphérique - bruit de voitures évoquant celui de vagues- et éclusant des bouteilles de rosé . Voix râpeuses, empoignades, jérémiades, bredouillages et monologues ou dialogues d’où il ressort que, révoltés, contre qui, contre quoi ? mais solidaires, ils ont plus ou moins choisi d’être là. Ils font les poubelles pour survivre ou rendent des services assez infects à des escrocs. Mais… ils vont s’en tirer ou réformer la société, peut-être les deux, et puis ils ont leur honneur pour eux . Dans un décor hyper-réaliste les comédiens s’imposent, tonitruants. Au final il y aura un mort. Mais pour les trois autres la vie continue, n’est-ce pas ? et on ouvre un paquet de biscuits…
Changement de décor à vue. Les accessoires sont déblayés prestissimo par la troupe pendant un demi-noir une musique prenante ponctue tout.
Ce qui constituait un toit étrange et inquiétant a atterri au sol pour devenir un joli parquet. Cependant que Jean-Luc Debattice (Bariton, alias le chef de bande à l’épisode un) se fait déshabiller et rhabiller à l’avant-scène par un partenaire pour être reconverti en vieux beau à la deux. Sur fond de rideau rouge, avec chaises et bureau tendance’ nous sommes dans le monde des affaires . A la tête d’une grande entreprise nationale « Le Groupe » avec contacts élyséens , Daniel (ce même Jean-Luc Bebattice, à l’autorité physique sidérante) ingénieur de formation, père de quatre enfants brillantissimes, avec, entre autres, un futur ministre, ( fascinant Damien Ricour) vient d’être mis sur la touche ayant frôlé la mort . Sa fille (impérieuse Marine Martin-Ehlinger) apparemment compétente, a pris sa relève. Après les prises de bec d’une « tribu » de SDF, voici les chamailleries d’une famille de nantis. Ré-émergeant, Daniel , « papy flingueur », réduira sa fille ambitieuse à ce qu’il estime qu’elle est: une simple femme. Machisme ?
Dans l’épisode numéro un, la jeune veuve et mère à la fois éplorée et naïve (excellente Sophie Vonlanthen) n’a pas été récupérée’, voire abusée par ses camarades apparemment pleins de compassion autant que d’un vague mépris. Mais c’est elle qui provoque la mort du perturbateur. Donc, Docteur Sigmund ?
Spectacle ambitieux, mais d’une générosité et d’une intensité ravageuses, servi par une équipe technique étonnante. David Nathanson, Morgan Perez, Romain Sandère, complètent la distribution dans des rôles surtout pas secondaires tous les sept brandissent leurs personnages et leurs textes incluant des passages d’un pathos maîtrisé (dans le premier épisode) ou d’un réalisme parfois déroutant (dans le second). Ils investissent le plateau et la salle pour être au plus près de nous .
Un travail abouti, du vrai théâtre.»

marieordinis.blogspot.com


 


 

Quelques extraits de presse sur les précédentes pièces de Yann Reuzeau :

MONSIEUR LE PRESIDENT (2008)

«Une grande idée. Une réflexion non dénuée de sens sur le pouvoir. Yann Reuzeau a fort judicieusement construit sa pièce»

Puissants & Miséreux


 

«Une habile réflexion sur le pouvoir (…) Un jeune auteur qui manie le verbe et la verve avec panache»

Puissants & Miséreux


 

LES DEBUTANTES (2006-2007)

«Yann Reuzeau est bourré de talent. Il sait créer une empathie…»

Puissants & Miséreux


 

Jean-Luc Jeener, Le Figaro Magazine
«Yann Reuzeau s'attelle à ce sujet complexe avec le souci de l'éclairer sous un angle nouveau, dédaignant la fable moralisatrice et dramatique (…) Un univers savamment élaboré entre frivolité et gravité, humour et drame (…) A rebours des stéréotypes misérabilistes, Reuzeau s'attache à recentrer les enjeux sur ces choix, à scruter ce qui s'y joue et à poser un regard différent sur les clients des prostituées (…) le récit s'impose par son réalisme et sa nécessité (…) »

Puissants & Miséreux


 

«Une oeuvre dense à l’interprétation impeccable.»

Puissants & Miséreux


 

« Un nouvel éclairage sur le plus vieux métier du monde qui a conquis la critique. »

Puissants & Miséreux


 

« Les Débutantes sont une fable réussie sur la quête ultime de soi : le bonheur. »

Puissants & Miséreux


 

« Un texte engagé, des comédiennes talentueuses, un pièce qui vaut le détour. Le pari est réussi pour l’auteur et le metteur en scène Yann reuzeau : l’histoire des ces trois femmes marque et reste longtemps à l’esprit. »

Puissants & Miséreux


 

LA SECTE (2000-2001)

«Une tragédie sobre d’une grande force qui nous montre sans moraliser que les sectes sont presque des sociétés comme les autres. (…) Une pièce qui fait froid dans le dos. (…) Yann Reuzeau a su créer des personnages sans sombrer dans la caricature.»

Puissants & Miséreux


 


La Manufacture des Abbesses

7 rue Véron, 75018 Paris - 01 42 33 42 03 - contact

 


Puissants & Miséreux

La presse

Théâtre Pièce: Puissants & Miséreux

Les vendredis à 21h
Les samedis à 21h
Les dimanches à 19h

DERNIERE LE 13 JUIN !