Théâtre La Manufacture des Abbesses

Théâtre à Paris - La Manufacture des Abbesses


Ogresse (La presse)


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Ogresse

La critique de Pariscope
( Dimitri Denorme )

Dans sa robe immaculée, l'air ingénu et le sourire presque mutin, on pourrait lui donner le bon dieu sans confession. Mais méfiez-vous des apparences, la demoiselle n'est pas recommandable… Elle a à son actif quelques meurtres. Rien de vraiment terrifiant selon elle. Elle les revendique d'ailleurs assez simplement, les justifiant avec un aplomb qui en déconcerterait plus d'un. De quoi vous glacer le sang en somme… Et les premiers mots qu'elle prononce ne vous rassureront pas. Pour cause : elle annonce purement la mort prochaine d'un spectateur. Mais cette tueuse en série a une autre facette, plus désarmante. Elle est pleine d'empathie. De Philippe Blasband, on connaît surtout « Une liaison pornographique » et « Nathalie Ribout ». Avec « Ogresse », monologue-confession, l'auteur belge joue la carte d'une pièce sombre et explore avec un certain talent l'humanité monstrueuse de son héroïne. L'écriture est intelligente. Sur la forme, avec une adresse perpétuelle aux spectateurs, elle ferre ces derniers de la première à la dernière phrase. Sur le fond, Blasband mélange les genres et ne tombe dans aucune extrémité. En s'emparant du mythe de l'ogresse, il flirte adroitement avec l'univers du conte, sans l'exacerber, et le mâtine d'humour noir, une fois encore sans excès. C'est cet équilibre qui donne son ton si particulier au spectacle et qui séduit. Marie Avril porte avec talent et une sensibilité à fleur de peau le texte de Blasband. Un trouble au fond du regard, un sourire qui vire parfois, une moue mystérieuse ou un enthousiasme exagéré : la comédienne désarçonne et joue subtilement avec la notion de sincérité. Au final, qu'elle soit réelle ou feinte, peu importe, elle aura intrigué le spectateur, et c'est là l'essentiel…

Ogresse

Publié le mardi 16 octobre 2012 à 00:18
''Ogresse'' actuellement à la Manufacture des Abbesses

Que se passe-t-il dans la tête d'une tueuse en série ? C'est ce qu'interroge Ogresse, le texte de l'auteur belge Philippe Blasband, qu'il met lui-même en scène actuellement à la Manufacture des Abbesses.

Sur scène, dans un décor réduit à son minimum, une jeune femme (Marie Avril) est seule. On apprend vite qu'elle a commis l'irréparable, plusieurs fois... Elle-même s'interroge sur sa condition.

On va apprendre son histoire par bribes, entre confessions et métaphores sur son statut social de tueuse en série qu'elle raccroche tant bien que mal à son imaginaire. La jeune femme s'est en effet plongée dans l'univers rassurant d'un phénomène de la culture populaire en transposant ses actes dans l'univers d'Harry Potter. L'ogresse dédramatise ainsi ses méfaits et s'en dédouane avec une aisance déconcertante et parfois drôle. En filigrane de ses moments de lucidité, elle assène aux spectateurs des prophéties portant sur des accidents du quotidien. Le texte, à résonnance immédiate, s'inspire des faits divers qui ont défrayé la chronique judiciaire belge de ces dernières années.

Le personnage est continuellement au bord du fil, habilement mis en scène par de brefs instants où on le sent nous échapper.

Marie Avril tient son personnage de bout en bout, grâce à une habile maîtrise du texte, un jeu tout en subtilité, et une gestuelle poétique. La comédienne irradie pendant les un peu plus d'une heure de durée de la pièce.

Ce seul en scène est une des belles découvertes de la saison, à voir jusqu'au 1er décembre à la Manufacture des Abbesses.


La Manufacture des Abbesses

7 rue Véron, 75018 Paris - 01 42 33 42 03 - contact

 


Ogresse

La presse

Théâtre Pièce: Ogresse

Du 10 octobre au 1er décembre. Du mercredi au samedi à 19h.