
L’univers sonore et visuel projette d’emblée le spectateur dans cette histoire issue d’un fait divers : bruits métalliques des grues et machines qui travaillent, bruit sourd des moteurs qui tournent, rumeur de HLM jusqu’au cur de logements mal isolés. Réalité ou perception de la femme ? Celle qui part… Où ?
Dans ce bureau d’un commissariat, le crime est avoué dès les premiers mots. Le suspens sera donc ailleurs : la femme, déterminée, veut être arrêtée, le policier qui la reçoit s’y refuse, pourquoi ?
Deux êtres à vif s’affrontent. Deux «taiseux» qui n’ont peut-être jamais autant parlé.
Le gardien de la paix de l’accueil intervient en contrepoint, apporte sa note drôle ou sage. Toute une philosophie, hors des turbulences de ce qui se joue dans le bureau.
Ces trois personnages vivent un moment crucial d’une vie qui aurait pu être tout autre et où tout peut encore basculer.
Trame de comédie sur fond de misère sociale. L’émotion est palpable, le rire y a sa place. Pression du temps.
Jeu d’acteurs contrasté : elle toute en retenue, lui dans la démesure.
La mise en scène permet au texte de Jean Teulé, avec un humour parfois cru, d’exprimer sa désespérance, touchante jusqu’à la dernière révérence.

