Théâtre La Manufacture des Abbesses

Théâtre à Paris - La Manufacture des Abbesses


Les combats d'une reine (Note d'intention)


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Grisélidis au théâtre, un paradoxe en or

Qu’il s’agisse de son métier de prostituée ou, plus tard, de sa maladie, Grisélidis Réal se faisait un plaisir à ne rien cacher, à dévoiler la réalité jusque dans les moindres détails. Et pourtant, notamment dans ses lettres à Jean-Luc Hennig, elle ne cesse d’enjoliver sa vie, d’embellir le quotidien. Elle mange des fraises «énormes, rouge sang», ses boucles d’oreille sont des «méduses d’or», et quand elle tombe amoureuse, c’est à la folie : « Une folie féroce, muette, incrustée comme une pieuvre géante au profond de mon corps… ». Même la laideur trouve grâce à ses yeux et ses clients les plus affreux se voient pourvus, sous sa plume, de qualités exceptionnelles.

A la fin de sa vie, alors qu’elle est déjà si malade, elle montre une extraordinaire détermination à se parer : « Toujours se rire des écroulements, des pâleurs, des décrépitudes, de l’inéluctable affaissement. Toujours flamber, être dressée, pavoiser, charmer, s’éblouir, rayonner. ». Et, paradoxalement, à la même période, elle écrit aussi : « Enterrez-moi nue, comme je suis venue, sans argent, sans vêtements, sans bijoux, sans fioritures… » (Les Sphinx)

Ce sont précisément ces contradictions, ces changements d’humeur, passages souvent abrupts du désespoir le plus absolu à l’extase la plus totale, qui rendent les écrits de Grisélidis si savoureux au théâtre. Peut-on imaginer personnage plus vivant, plus merveilleusement humain ?

Chair à vif
Grisélidis fait partie des écrivains dont la vie et l’uvre sont étroitement mêlées. D’où cette force d’authenticité qui capte le lecteur (spectateur) instantanément.
En tant que metteur en scène, je sais que je ne peux pas porter à la scène cette uvre-là comme une autre. Parce qu’il ne s’agit pas d’une fiction, mais bien d’une parole exposée comme une chair à vif. J’ai une responsabilité au-delà du seul « résultat artistique ». Nous devons évoquer le sujet de la prostitution sans complaisance ni faux-semblants, et tâcher d’éviter les nombreux clichés liés à cette profession, car « C’est un METIER, rien à voir avec les pleurnicheries qu’on nous montre au cinéma ! » (La Passe Imaginaire)

Françoise Courvoisier


La Manufacture des Abbesses

7 rue Véron, 75018 Paris - 01 42 33 42 03 - contact

 


Les combats d'une reine

Note d'intention

Théâtre Pièce: Les combats d'une reine

Jeu 21h
Ven 21h
Sam 21h
Dim 17h
Du 28 août au 19 octobre 2014