Théâtre La Manufacture des Abbesses

Théâtre à Paris - La Manufacture des Abbesses


Les Bonnes Manières (Note d'intention)


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"Si j’aime le théâtre d’Alan Ayckbourn c’est parce qu’il trouve son efficacité féroce dans les entrailles du modèle familial le plus répandu du XXeme siècle: le mythe du couple domestiqué et ses valeurs de construction dans la durée, mises à l’épreuve par les pulsions les plus primaires et donc les plus rejetées par les classes moyennes. Si Ayckbourn parle aux anglais de la rigidité pathologique de leur société, notamment avant l’avènement du mouvement Punk, c’est bien la précision chirurgicale de son trait qui lui permet de toucher transversalement les peuples, d’être traduit dans 35 langues et de tenir, selon certains, la deuxième place au palmarès des auteurs les plus joués au monde, après Shakespeare.

Alors pourquoi la trilogie Les Conquêtes de Norman, une de ses pièces les plus populaires, n’a-t-elle jamais été jouée en France, en français? Peut être y a-t-il un malentendu (qu’Alain Resnais a cherché à dissiper à plusieurs reprises)? Si elle semble tendre le piège d’un vaudeville bourgeois, l’essence comique du théâtre d’Alan Ayckbourn résonne pourtant d’un écho plus profond, de façon symétriquement opposée à Tchekov, dont les comédies ont souvent souffert d’un traitement dramatique.
Dans Les Conquêtes de Norman, les personnages d’Ayckbourn s’emboitent, se complètent les uns les autres et forment une espèce de palette humaine. Norman fonctionne comme un rayon X qui expose là où il passe la vie intérieure de ceux qu’il croise. C’est afin que la famille vue par Ayckbourn rencontre son public français, que celui-ci puisse se reconnaitre dans chacun de ses membres, au delà de l’époque et de ses spécificités culturelles, qu’il importe d’en retrouver les racines et de puiser dans la moelle universelle que Norman révèle. C’est pour que cette famille puisse dis-fonctionner joyeusement comme toute famille normale, être aimée quand même, que je souhaite en exposer la mécanique en la laissant vivre dans son cocon. On tâchera d’y en observer la matière organique, sans mise en abîme, à la manière plus naturaliste et réaliste d’une coloscopie. Les costumes et le décors se voudront plus indicatifs que représentatifs pour permettre plus de transparence. On l'exposera dans son intimité, comme on le fait un peu plus bas dans le quartier de la Manufacture des Abbesses, avec un spectateur témoin d’un véritable striptease de l’âme".
Fabrice Scott


La Manufacture des Abbesses

7 rue Véron, 75018 Paris - 01 42 33 42 03 - contact

 


Les Bonnes Manières

Note d'intention

Théâtre Pièce: Les Bonnes Manières

Date exceptionnelle le 7 octobre 2014 à 18:15