De ce conte algérien, j’ai réinventé un voyage initiatique drôle et cruel en faisant vivre, seule en scène, tous les personnages de mon histoire. En écrivant, j’avais la volonté de multiplier les rôles et de les endosser tour à tour comme on le fait quand on est enfant. Alors il a fallu faire un travail sur l’objet, trouver comment faire vivre dix personnages différents par la voix, la posture, le masque et quelques éléments significatifs.
Trouver le geste, le rapport au plateau, sûr et simple.
Ludique, la scénographie s’est construite sur l’idée du voyage à partir de lignes simples et claires : sur scène : un escabeau, un duvet, un seau en plastique, des poulies et des fils à tirer au bout desquels il y a des paysages, des surprises, des personnages … ça bouge !
Bric-à-brac d’objets animés qui bâtissent à vue un univers symbolique et qui tissent sur une toile l’espace du récit : la tente du conteur.
Autant de fragments qui permettent de retenir des bribes du passé et de sculpter l’univers conté en faisant se succéder des tonalités tantôt burlesques, tantôt épiques, tantôt intimistes.
C’est donc le mouvement qui compte dans mon « road trip » soutenu par une musique originale tout en assemblage de sons aux ajustements divers, composée par deux musiciens lyonnais François Thollot et Michel Alexandre.

