Théâtre La Manufacture des Abbesses

Théâtre à Paris - La Manufacture des Abbesses


La banalité du mal (La presse)


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«Manière originale d’appréhender une page d’histoire, la pièce illustre ce concept d’Hannah Arendt selon lequel monstres et tortionnaires ne sont que des êtres comme les autres. Cette banalité doit conduire à ne pas laisser l’inhumanité l’emporter sur ce qui nous fait humains.
Le 30 avril 1945 dans le bunker, le lendemain du mariage et la veille du suicide d’Eva Braun et Hitler, Eva monologue avec un lieutenant (choisi dans le public) amputé du bras, assigné à sa protection personnelle et chargé d’informer le monde de la mort « héroïque » du couple.
La monstruosité d’Hitler n’apparaissant pas à ses yeux, cette écervelée devient monstrueuse à son tour quand, pendant que son « Meinführer » dicte son testament politique, elle raconte son amour, ses suicides ratés, ses joies, ignorant la guerre : « Je n’en entendais parler qu’à la radio ou dans les journaux ».
Tandis que les combats font rage (on n’entend pas les bombardements mais une ambiance récrée par des ondes, des fréquences), celle que le Führer appelait Tschappel, « petite idiote », qu’un journal tchèque qualifiait de « Pompadour d’Hitler » (à la différence précise-t-elle, qu’elle ne l’a jamais influencé politiquement) parle sans émotion de l’attentat à la Bürgerbräukeller, du luxe du Berghof (marbre de Carrare et maison de thé) en passant par le chien d’Hitler sur lequel il a testé le cyanure, les enfants de Goebbels (« On aurait dû sauver les enfants »), le survol de Münich après une attaque aérienne qui lui rappelait Autant en emporte le vent…, évoquant à peine les camps de concentration («Je ne peux quand même pas m’occuper de tout »).
Elle reprend en leït-motiv « Je sais qu’un jour un miracle aura lieu » (une chanson de Zarah Leander qu’Hitler admirait), et conclut que, elle disparue « c’est peut-être une autre actrice qui jouera le rôle d’Eva Braun ».
Voilà qui est fait… Celle qui était au courant mais ne se mêlait de rien, interpelle le public : ne pas agir ne nous dédouane pas mais fait de nous des coupables complices. J. Paul Sermadiras qui s’intéresse à la résonance de la banalité du mal aujourd’hui, choisit de ne pas recréer le bunker.
Le rouge domine sur une scène neutre, rouge du sol, de la chaise où s’assied Eva qui devient un élément du théâtre, sur un fond sonore créé par Pascale Salkin.»

La banalité du mal


 

«Nous pourrions froncer le sourcil, évacuer la question, dire que nous ne sentons pas concernés, parce que dès lors que nous nous situons dans le creuset de notre individualité, cellule sociale ou familiale, nous ne les voyons pas les autres qu’ils fassent le bien ou le mal, ils ne peuvent nous atteindre. La force du déni, elle est là. Pour vivre, nous navons pas les moyens de le regarder en face le mal, sinon il nous engloutirait comme le monstre de Loch Ness.

Par l’intellect, pensons-nous, nous pourrions combattre tous les germes de la folie meurtrière, la pulsion de mort, mais sommes-nous capables de nous dévisager nous-mêmes?

Le cerveau fragile dont dispose l’homme peut-il le conduire aux pires monstruosités? Hélas, celui qui tire du haut de son balcon sur la foule, ne voit pas des humains, il ne voit que des fourmis. A la télévision, nous ne percevons que des images. Ce n’est pas banal, disons plutôt que cela fait partie de notre quotidien. Elle se trouve là, sans doute, la façade entre la vie et la mort. Le mal nous le repoussons hors de nous,il faut qu’il reste extérieur. De là à imaginer que nous soyons tous contaminés ou que nous naissions avec.
Reste l’émotion… Elle est palpable à travers l’interprétation si juste de Patricia Thibault et la mise en scène sobre et pénétrante de Jean-Paul Sermadiras. Le puzzle de la solitude du personnage se déploie devant nous comme des morceaux de miroir déteint ou des petits cristaux de vie qui ne peuvent laisser insensibles alors même qu’ils résonnent sous les pans de velours rouge et noir du boudoir de la mort. Quand la solitude d’un individu se conjugue avec notre regard extérieur.»

La banalité du mal


 

«Elle est délicieusement odieuse,
Nous persuade de manière insidieuse,
Avec naïveté et ignominie,
Que seul son führer est un génie.
Elle est futile
Et inutile.
A travers ses méandres
On tente de comprendre
Comment on a pu en arriver là
Sans que personne n'y mette le holà !
Puisse ce texte après réflexion
Servir à se remettre en question !
"La Banalité du Mal" ?
La banalité du mâle ...»

La banalité du mal


 


La Manufacture des Abbesses

7 rue Véron, 75018 Paris - 01 42 33 42 03 - contact

 


La banalité du mal

La presse

Théâtre Pièce: La banalité du mal

mardis 21h
mercredis 21h
jeudis 21h
Du 29 mars au 19 mai 2011