Théâtre La Manufacture des Abbesses

Théâtre à Paris - La Manufacture des Abbesses


Giacomo sur les planches (Notes de mise en scène)


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Avec «Giacomo, sur les planches», Gilbert Ponté continue à parcourir une histoire vraie, la sienne et celle des siens sa famille, ses amis, les personnes qui ont compté dans «son» histoire. Cette histoire personnelle qui rejoint la grande Histoire (l’homme qui marche enfin sur la lune, la France de l’après mai 68, l’avènement de la télévision), il la raconte en interprétant de nouveau une incroyable galerie de personnages à la fois drôles et attachants, toujours vrais parce que profondément humains. Certains ont déjà enchanté «Giacomo, l’enfant de la cité» et les retrouver est un immense plaisir, comme celui de retrouver de vieilles connaissances d’autres viennent compléter un tableau pourtant déjà haut en couleurs : l’oncle Eddy et sa femme qui a vu la Vierge Marie à Lourdes, le curé de la paroisse qui règle le service de la messe comme on entraîne des sportifs de haut vol, un Saint-Sébastien martyr plutôt masochiste, Conrado le rebuteux au verbe haut et au cur tendre, et bien d’autres encore qui, comme les Lucette, Rocco, Monsieur Iboun, Luigi et Maria du premier épisode, sont des personnages à la fois uniques et universels : chacun en porte d’identique au cur de sa mémoire personnelle...

Giacomo sur les planches


 


Ce deuxième épisode donc, au moins aussi riche et touffu que le premier, et où l’écriture a encore gagné en maturité, prouve de manière encore plus certaine et évidente qu’à travers la France d’il y a près de quarante ans, c’est de celle d’aujourd’hui dont Gilbert Ponté veut témoigner, dans un énorme éclat de rire le plus souvent, mais aussi de la gravité parfois. Et toujours, une absolue sincérité.

Ce deuxième épisode a été l’occasion pour moi d’une quatrième collaboration en cinq ans avec Gilbert Ponté je l’ai abordée avec la même peur et le même enthousiasme que la toute première, «Lu santo jullare Francesco» de Dario Fi, presque concomittante à la deuxième, l’adaptation théâtre du fameux «99 F» de Frédéric Beigbeder. Parce qu’il n’y a rien de plus dur pour un metteur en scène que de diriger un acteur seul : ni l’un ni l’autre ne peuvent tricher... Mais je ne connais pas non plus de plus grande joie artistique que de diriger Gilbert Ponté : parce qu’il donne et donne envie de donner, parce que chaque répétition est une nouvelle manière d’expérimenter, d’oser, d’être libre (ce qui est rare dans ce métier), quitte à tout effacer la répétition suivante.

Dans ce nouveau Giacomo, là où nous avions cherché l’épure dans le premier épisode, nous avons voulu oser, à notre niveau, une certaine démesure, et avouer notre envie de théâtre, avec tout ce que cela peut avoir de « spectaculaire ». Le sujet y invitait puisque Giacomo y découvre sa vraie vocation : faire du théâtre... Et lorsqu’on a dix ans, ou à peine plus, on se lance dans ce qu’on croit être sa vocation comme on fait tout le reste : avec fougue et folie, démesure et déraison, en tout cas une passion unique, entière et débordante. D’où l’envie de convoquer dans «Giacomo, sur les planches» tous les ressorts du théâtre, même les plus fous : cycloramas vidéos, extrais sonores, voix off, deus ex machina... (car la religion est encore très présente, avec la même distance et le même humour que dans «Giacomo, l’enfant de la cité»).

Pour le reste, un immense travail de construction de personnages, hommes et femmes, enfants, animaux, objets..., nous a de nouveau accaparé, un travail fondé sur l’improvisation et le travail du corps, un long et passionnant travail de plateau, lent et minutieux, par lequel il a fallu d’abord construire et s’approprier l’espace. Un espace volontairement dépouillé : pas de réel décor, plutôt une accessoirisation, et un important travail sur la lumière et sur le son (avec les extrêmes évoqués ci-dessus). Ce dépouillement et ce symbolisme sont volontaires dans notre travail avec Gilbert Ponté : ils veulent laisser toute la place à l’imaginaire au spectateur, en faire un personnage à part entière parmi une kyrielle d’autres.

Car en parlant de lui, Gilbert Ponté parle de nous, de chacun de nous, de l’enfant que nous fûmes, avec nos rêves, nos espoirs, nos vocations, réussies ou avortées. Gilbert Ponté a, je crois, réussi la sienne, à sa manière, c’est à dire avec humilité et sincérité. Et avec lui, et pour lui, j’aimerais dire et faire sentir à quel point, lui et moi (grâce à lui en partie), nous aimons le théâtre, cette simple rencontre entre un acteur, un spectateur et un texte, rien de plus. Un rien qui ouvre pourtant sur des pans de mondes entiers. Un voyage qu’aucun effet spécial n’est encore capable de copier. Parce qu’il y est question de vérité sans doute, et d’amour.

Cet amour dont la compagnie Théâtre Alicante, la compagnie que je dirige, a choisi de mettre au centre de son projet artistique: sans fax, ni texto, ni internet, simplement avec le coeur, un texte et quelques hommes et femmes, auteur, acteur, metteur en scène, mais aussi décorateur, musicien, éclairagiste, qui croient encore qu’un moment de théâtre peut changer quelques choses à nos vies. Même s’il s’agit seulement de raconter celle d’un petit bout d’homme prénommé Giacomo...


La Manufacture des Abbesses

7 rue Véron, 75018 Paris - 01 42 33 42 03 - contact

 


Giacomo sur les planches

Notes de mise en scène

Théâtre Pièce: Giacomo sur les planches

jeudi à 21 heures
vendredi à 21 heures
samedi à 21 heures
dimanche à 17 heures
(à partir du 1er octobre 2009)