Théâtre La Manufacture des Abbesses

Théâtre à Paris - La Manufacture des Abbesses


Fando et Lis (Note d'intention)


Création site Internet pas cher Paris par Netalapage


Fando et Lis

Pourquoi monter « Fando et Lis » aujourd’hui ? Parce que tous ces thèmes n’ont pas pris une ride. On pourrait dire hélas. La violence conjugale était, et demeure. Beaucoup de femmes, par an, meurent dans le monde sous les coups de leur « amour ». C’est la première cause de mortalité des femmes.

Qu’est-ce qu’un couple, qu’est-ce que la violence conjugale, qu’est-ce que la dépendance et l’interdépendance «amoureuse».

Qu’est-ce que l’inconscient, qu’est-ce que l’innocence, quels sont les résidus de notre enfance qui nous conditionnent, qu’est-ce que la cruauté, qu’est-ce que l’imaginaire.
Il s’agit de la condition humaine, universelle, le célèbre : d’où vient-on et où va-t-on ?

« D’où vient le vent » se questionne l’un des protagonistes au parapluie, tandis que son homologue lui se demande « Où va le vent », tous deux, sortis tout droit des inquiétudes névrotiques de Fando.


Notre parcours de vie est-il influencé par un inconscient collectif, familial, culturel ? Vaut-il mieux s’interroger sur notre passé, ou bien se préoccuper de notre futur ?


Un jeune couple, encore presque enfants, très amoureux, Fando, tourmenté sans cesse par sa condition, se promet un futur heureux avec Lis, une fois arrivés à Tar. Là-bas tout sera différent. Fando est en proie à des accès d’extrême violence et l’instant d’après d’une sincère repentance, il aime Lis. Lis, jeune femme rendue paraplégique, on se doute que c’est certainement dû aux coups de Fando, lors d’une de ses crises. Tous deux, en route pour Tar, une ville que personne n’a jamais pu atteindre, on a beau marcher, on se retrouve systématiquement à son point de départ.
A force de chercher, à force de ne pas se comprendre, la violence de Fando augmente face à sa propre impuissance.


De peur qu’elle ne lui échappe, Fando attache Lis avec une grosse chaîne à la voiture pour enfant, puis comme si cela ne suffisait pas il finit par lui passer les menottes. Avant qu’elle ne lui appartienne tout à fait, c'est-à-dire, en l’a tuant. Morte, elle ne lui échappera plus jamais, elle sera toute à lui. Enfin. Il ne s’agit pas d’un calcul, d’un crime machiavélique mais de pulsions destructrices - infantiles.

La quête de soi qui n’avance pas. Il a joué avec sa poupée, il l’a cassé. Et il l’aimait. Elle, Lis, plus les coups pleuvent, plus sa culpabilité augmente tandis que sa personnalité s’amoindrit. Jusqu’au silence. Parfois. D’autres fois, elle demande pardon… supplie, tente de raisonner l’irraisonnable. Lui, ne supporte pas le silence. Il y a dans cette écriture une cruauté, une profonde détresse, une poésie palpable et tangible, sans jugement. Ce drame se produit tous les jours.

Au vu de la construction poétique, et « surréaliste » il semble justement important d’incarner profondément un jeu très concret, très intime qui doit pouvoir permettre de mettre en évidence les atermoiements de Fando et Lis. Non pas pour les juger mais pour les comprendre et les aimer, malgré la situation. Cela nécessite un jeu « réaliste » mais épuré, stylisé, les scènes de violence chorégraphiée, sans que ce ne soit esthétisant. Mais percutant. Travailler sur l’intimité des personnages.

Les trois hommes au parapluie, ne seront pas traités seulement comme les contradictions, questionnements, de Fando, mais comme des personnages tout aussi réels. Si nous avions seulement l’histoire de Fando et Lis, il s’agirait d’un fait divers cruel et révoltant, une femme-enfant consentante, morte sous les coups d’un homme-enfant, perdu.

Les trois autres, nous permettent de mettre une distance face à ce drame et ajoutent une touche de 'légèreté', de surréalisme. C’est un trio 'comique'. Etant donné q’ils sont une excroissance de l’intimité de Fando, ils n’entreront pas dans l’intimité de Lis.

Scéniquement, il y a l’espace de Lis attachée à sa voiture pour enfant. Fando a deux espaces, celui qu’il partage avec Lis et celui qu’il partage avec les hommes au parapluie. Ces deux mondes ne se croisent pas, ne se touchent pas. Même lorsque Fando proposent aux trois hommes de toucher Lis, celle-ci est à cet instant comme une poupée morte. Elle ne dit rien et reste passive. On ne sait pas si elle les voit. Si nous gardons le parti pris que ces trois hommes sont une excroissance cérébrale de Fando, Lis ne devrait ni les sentir ni les voir. Il y aura donc deux espaces scéniques définis par la lumière sur un plateau vide.

Nous sommes dans un grand nulle part et celui-ci est vide. Ni les costumes, ni les accessoires ne pourront être datés et situer géographiquement l’action afin de rendre cette histoire intemporelle, comme l’est la violence conjugale.


La Manufacture des Abbesses

7 rue Véron, 75018 Paris - 01 42 33 42 03 - contact

 


Fando et Lis

Note d'intention

Théâtre Pièce: Fando et Lis