Théâtre La Manufacture des Abbesses

Théâtre à Paris - La Manufacture des Abbesses


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Martine Fontaine est très bien dans ce texte de Murielle Magellan qui nous parle de l’amour, du couple, de la solitude, de l’exigence, du temps qui passe… Et elle est très bien dirigée par Jade Duviquet.

Figaroscope

Après Océanerosemarie, sa pièce très appréciée pendant le festival « Le Paris des femmes », Murielle Magellan nous offre un nouveau texte très bien écrit parlant aussi de la condition féminine. Les paroles de la femme qu’elle a écrite sonnent justes, vraies sur scène, elles sont affûtées. La problématique: celle des incompris dans le couple, des non dits, du détachement l’un de l’autre à cause du travail, les tensions belle-mère belle-fille, les petites piques, tout ceci fait hélas partie de la réalité de beaucoup de couples et il est intéressant de voir une femme traiter le sujet et se poser la question quand à ce qu’on peut faire face à ces vicissitudes de la vie commune.
Il y a du suspense de ce fait, la femme a le choix entre plusieurs chemins et la mise en scène efficace de Jade Duviquet, déjà connue pour avoir celle d’Il est plus facile d’avoir du ventre que du cur, contribue à nous faire suivre avec attention chacun des atermoiements du personnage ou plus exactement de son cur qui balance justement entre son amour pour son mari et son désir d’une nouvelle vie faite de liberté, elle a la liberté de choisir entre poursuivre l’histoire qu’elle vit déjà ou en écrire une autre. Le décor est habile et très bien exploité d’une manière qui nous fait parfois sourire et contribue au piquant de la pièce, le costume nous met bien dans l’ambiance, les émotions de cette femme entre deux âges et entre deux vies qui cherche le meilleur moyen d’entamer la vieillesse sans tristesse, sans la sentir arriver sur ses épaules. Chapeau à l’actrice, Martine Fontaine, qui, après sa prestation dans Je ne me sens pas belle, aussi un sujet qui occupe et préoccupe beaucoup de femmes, déploie une superbe énergie et un grand naturel dans un seul en scène pas évident du tout où elle maintient remarquablement bien et la tension et notre attention.
Une très belle prestation digne d’éloges et de notre intérêt, une confirmation de la pertinence de la manufacture des abbesses qui a fait le choix de privilégier les auteurs de théâtre contemporains. Attention, l’eau est sur le feu!

Sandrine et Igor Weislinger pour toutelaculture.com

Au départ, une petite phrase banale prononcée le matin par lui ("Tu n’as pas appelé le garage… bien-sûr…") va être l’élément déclencheur d’une vaste remise en question de son couple et de sa vie. Murielle Magellan donne à Martine Fontaine, comédienne toute en finesse et en ruptures, un monologue de choix qui radiographie avec humour et tendresse la relation dans le couple. Claire dit ses griefs mais aussi ce qui l’attache à Marc, le prend à parti mais sans l’accabler. Par petites touches, "Il y a (trop ?) longtemps que je t’aime" brosse le portrait d’une femme du vingt et unième siècle, empêtrée dans ses tâtonnements et ses questions existentielles, avec son lot de rêves jamais réalisés. Jade Duviquet dirige la comédienne avec précision dans une mise en scène soignée et efficace qui la met en valeur dans ce tableau lucide mais un brin désenchanté de l’amour moderne.

Nicolas Arnstam pour froggydelight.com

Depuis Pierre et Papillon et Traits d’union, Murielle Magellan fait un parcours, discret, sensible, mélancolique, séduisant, sur le chemin du théâtre. Sous le titre amusant de Il y a (trop ?) longtemps que je t’aime, elle s’amuse vraiment. Nous aussi. Une femme, à son domicile, range la maison et, surtout, prépare le repas du mari qui va arriver. Non, il n’arrive pas. Il se fait attendre. Puis il téléphone : une réunion au bureau, il sera en retard. Il n’arrive toujours pas. Il rappelle, il sera encore plus en retard. La femme a vraiment le temps de reconsidérer son couple. Et de passer par les états les plus contraires. A 9 heures du soir, elle adore cet homme. A 9 heures 15, elle veut le quitter. Et à 9 heures et demie ? On ne vous dira pas tout. Mais Murielle Magellan dévide avec brio le fil d’une pensée qui court dans tous les sens et s’affole. Avec un humour d’une vérité criante et qui contient un cri profond. Subtilement dirigée par Jade Duviquet, Martine Fontaine compose avec un joli sens des variations une femme banale qui, dans ses contradictions, dévoile sa grandeur et sa beauté. Un moment fort drôle et d’une justesse foudroyante.

Gilles Costaz pour webthea.com


La Manufacture des Abbesses

7 rue Véron, 75018 Paris - 01 42 33 42 03 - contact

 


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