A l’origine de ce texte, il y a le discours de Severn Suzuki. En 1992, alors qu’elle n’avait que 12 ans, cette toute jeune fille a pris la parole au Sommet de la Terre de l’O.N.U. , face aux dirigeants du Monde. Immédiatement le silence s’est fait, et la voix de Severn, calme, posée, a rempli l’espace de ses indignations, de ses craintes et de ses questionnements. L’enfant parlait, et l’adulte, enfin, écoutait.
Il ne s’agissait pas pour moi d’écrire une pièce « Jeune Public » sur la vie romancée de Severn Suzuki. Il s’agissait plutôt de suivre une rêverie autour de cette voix qui, un jour, a trouvé sa place, là où on ne l’attendait pas. Je voyais, dans la pureté et la vérité de ce timbre d’enfant, naître la magie. J’ai voulu, dans l’écriture, revenir à une voix née du regard de l’enfant. Ce regard que chacun de nous a porté sur le Monde et la Nature, et que nous avons souvent dû laisser s’effacer pour jouer notre rôle de grande personne. Ce regard curieux, toujours en mouvement, jamais passif cette voix qui interroge sans cesse.
Enfant de la Terre est un parcours initiatique. Celui de Severn, petite fille qui se pose plein de questions, qui voudrait savoir qui elle est, et qui comprendra, au fil de ses rencontres, au bout de sa quête, que l’on EST ce que l’on FAIT. Dès lors, le temps sera venu pour Severn d’accomplir son destin, de partir à l’ascension du Sommet de la Terre, avec l’ambition, un jour, de faire changer le cours des choses.
Une enfant pose des questions. Comme une bouteille jetée à la mer, le message est rare, et précieux. Libre à celui qui le reçoit d’en faire ce qu’il veut. Libre à lui de jeter à nouveau la bouteille à la mer, avec l’espoir, que quelqu’un d’autre, un jour, à l’autre bout du monde, recevra ce message. Comme un trésor.
Julien Avril

