Théâtre La Manufacture des Abbesses

Théâtre à Paris - La Manufacture des Abbesses


Ecrits d'amour (La presse)


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«Des clichés d’amour impossibles

"Marie-France, ma chérie, je suis sincèrement déçu que tu ne fasses pas avec moi notre voyage de noces à Venise". Elle préfère les palaces aux ponts couverts de crottes de pigeons.
Le ton est donné en ce 6 février à l’occasion de la lecture sur scène des «Ecrits d’Amour» de l’écrivain bordelais Claude Bourgeyx, par l’acteur et metteur en scène Jean Claude Falet. Le créateur du Théâtre Label Etoile a distillé pendant plus d’une heure une variation tragicomique sur les errements épistolaires d’un énergumène en quête d’amour. Les états d’âme d’un embryon sont sordides et «Papa en maison de retraite pour les vacances» ou «Solange à la foire au gras en Chalosse» coupent le souffle. Qu’ils soient retraité ou curé ou routier…, s’ils ne manient guère la plume, ils n’en sont pas moins de magnifiques interprètes de notre peur d’aimer.

Leçon d’humour
Autant d’aveux d’amour, de déclarations de guerre, d’échanges de mauvais souvenirs allant jusqu’à la confession de fantasmes parfois anodins, parfois truculents, saupoudrés de propos égrillards. Ce fut une magistrale leçon d’humour non dénué d’une touche caustique, acérée parfois, joliment teintée d’un soupçon de cruauté entrainant le public à rire de telles désillusions, sans jamais se moquer des facéties du désir.

Du grand art, servi avec des mots vifs, justes, ambigus au fil d’un texte léger et profond à la fois, souvent à vif, comme des blessures amoureuses pas vraiment cicatrisées. »

Ecrits d'amour

Ecrits d'amour


 

L'écrivain Claude Bourgeyx a prêté sa plume à divers personnages en quête d'amour, d'où le titre à double sens "Ecrits d'amour", qui s'épanchent dans le cadre d'une correspondance épistolaire souvent éphémère avec un congénère du sexe opposé.
Il explore ainsi, avec un humour malicieux et grinçant, toutes les formes tragi-comiques de la libération cathartique de gens qui ne sont plus de première jeunesse, du mari parti seul en voyage de noces à Venise à la petite dame replète qui nourrit le fantasme de l'auto-stoppeuse et du camionneur en passant par l'amour qui n'est pas dans le pré.
Ces fantaisies d'une époque qui, ne connaissant pas encore le téléphone portable, usait de la missive confiée aux PTT, ont un charme suranné et constituent, sur scène, pour Jean-Claude Falet un véritable exercice de style pour comédien.
Et comme la vie c'est parfois triste et parfois désopilant.

MM

Ecrits d'amour


 

Avec son chapeau et son costume strict, le personnage que nous découvrons semble déjà
appartenir à une autre époque, celle d'avant les mails et autres SMS. Il écrit pour nous des lettres, missives d'amour qu'hommes et femmes incroyablement s'adresseraient encore et leur prête sa voix, que dis-je ses voix, mâles et femelles ... Vous l'avez compris il s'amuse et nous incite à le suivre en cette rétrospective où des dames un peu mûres prétendent être encore " de vraies jeunes filles " Il est vrai que l'église et sa chorale ne sont pas loin ...
le village non plus. Tous s'écrivent donc puis se répondent bien sûr, et si les fantasmes vont bon train, les couples restent coincés dans leur petite vie que l'auteur examine d'une loupe narquoise.
Tiens, un voyage de noces en solo ? Il fallait y penser ... bizarre que la nouvelle épousée ait préféré rester avec sa meilleure amie laissant l'époux de fraîche date embarquer seul pour
Venise sans l'ombre d'un remords !
- un hypocondriaque sollicite celle dont il est séparé depuis 22 ans dès qu'il souffre du moindre bobo,
- un pape invraisemblable écoute la confession d'une nymphomane dont les visions frisent le cauchemardesque mais il faut bien que les exorcistes vivent ...
- un personnage en rut brame des " métaphores navales et forestières " faisant monter la
température ambiante jusqu'à exploser les thermomètres. Et s'il est aussi difficile de terminer un spectacle qu'un roman, l'emperruqué de service nous prouvera ici le contraire.
Certes, le procédé est un peu répétitif mais les situations drolatiques nous permettent de passer un moment décalé loin de la numérisation de nos moeurs et l'on se dit alors que c'était
peut-être plus marrant avant ? ...

Simone Alexandre

Ecrits d'amour


 

Quel singulier petit bonhomme que ce quidam venu combler sa solitude en se projetant dans les fantasmes, les doutes, les peurs, les cris et les joies qu'il découvre au gré des lectures des échanges épistolaires d'autres habitants de son village touchés par les étapes de la vie et qui se répondent par écrit.
Dans son costume étriqué, JEAN-CLAUDE FALET nous offre un personnage semblant surgir d'un autre temps, délicieusement obsolète... un temps où les Sentiments s'écrivaient et laissaient leurs traces sur papier. Ce personnage, "pilleur de textes", devient prétexte à une foule de personnages bigarrés qui ont libéré leur plume.
Grâce aux formidables transformations vocales et physiques de
l'interprète de la pièce, ce couple faisant leur voyage de noce chacun de leur côté, la religieuse nymphomane se confessant à un supérieur qui l'écoute tout en repensant à ses penchants, ce routier harcelé par une voisine et j'en passe, prennent vie merveilleusement grâce au grand talent d'acteur du comédien qui, on le sent, prend un plaisir non dissimulé à nous livrer le très beau texte incisif, intelligent et drôle de CLAUDE BOURGEYX. Chapeau bas pour ce dernier qui nous livre une écriture de haut vol. Rarement je n'ai vu la langue française aussi bien traitée. Ca réchauffe le coeur. Le premier des deux seuls bémols serait le manque de lien entre chaque saynète qui entraîne une impression de répétition du procédé de lecture ainsi que parfois la sensation d'assister à un simple mais génial exercice théâtral. Heureusement ceci se fait oublier grâce à une rythmique bien étudiée et bien huilée. Le second bémol étant la durée.

On en demande encore à la fin!!!
La mise en scène est sobre et efficace jouant beaucoup sur les
atmosphères superbement bien rendues par les créations-lumières de
THIERRY ROUSSEAU.
Belle vie à ce spectacle!!!!!

Jérôme BAILLET

Ecrits d'amour


 

"Depuis que les mails et les Textos ont envahi notre quotidien, il est un plaisir qui se perd : celui de la correspondance… Fini donc les tendres missives, préalablement vaporisées de parfum et envoyées à l'objet de nos tourments pour qu'il la trouve au petit matin sous la porte ou dans la boîte aux lettres… Les technologies ont eu raison d'un certain romantisme ! Rassurons-nous, si les écrits d'amour se font désuets, la Manufacture des Abbesses tente de les remettre au goût du jour en programmant ce spectacle. Sauf que si l'on vous dit que les lettres présentées sont signées Claude Bourgeyx, vous vous douterez aisément qu'elles risquent d'êtres assez particulières… On trouvera donc : des amoureux(ses) transit(e)s qui vivent une passion stérile non partagée et la nourrissent en vain, espérant toucher l'élu de leur cur des mères et des fils à la relation compliquée qui exprimeront enfin leur rancur des jeunes mariés qui passent leur voyage de noces séparément ou encore des hommes et des femmes qui disent leur misère sexuelle. On compte des petits bijoux de cynisme qui ne laissent vraiment pas insensibles ! Le principe est aussi simple qu'implacable : une lettre envoyée, une réponse. Un jeu de ping-pong, au cours duquel certains verront leur souhait exaucé et où d'autres y laisseront des plumes. On ne gagne en effet pas à tous les coups ! Le spectacle est avant tout un exercice de style pour un comédien. Cette fois, c'est Jean-Claude Falet qui monte et descend la gamme des sentiments. Il le fait avec talent et humilité. Il a lui-même choisi de signer la mise en scène. Là aussi, la simplicité est de rigueur. Avec un jeu de draps blancs, recouvrant quelques meubles, il donne à voir chacun des expéditeurs des courriers. Le travail qu'il a accompli est fort plaisant et colle bien à l'univers de Bourgeyx. L'humour est bien là, ça ne fait aucun doute mais on y trouve aussi beaucoup de tendresse, car au final, si l'on rit de ces portraits si humains, c'est avant tout parce qu'ils nous font aussi un peu penser à nous."

Dimitri Denorme

Ecrits d'amour


 


 


La Manufacture des Abbesses

7 rue Véron, 75018 Paris - 01 42 33 42 03 - contact

 


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Théâtre Pièce: Ecrits d'amour

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Ven 21h
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Dim 17h