
La mise en scène restitue la simplicité et la brutalité des rapports entre les deux personnages. Cette recherche d’une vérité qui toujours échappe, cette construction-déconstruction de la vie de Razou, obligent à inscrire la mise en scène dans une forme séquentielle, cinématographique. Les cérémonies se succèdent, reprennent, s’interrompent et l’invention des vies se lit dans la dynamique des corps, à la recherche d’un équilibre inaccessible.
Nous assistons à la fabrication brutale d’un passé. Le jeu est fait de voltes-faces, d’échappées, de fuites permises par un décor mobile, un plateau circulaire en équilibre soumis aux mouvements des adolescents.
Ce plateau, comme dans le numéro de cirque de l’assiette chinoise, tourne, se balance et lorsque l’on croit voir apparaître l’équilibre, un nouvel événement survient qui vient tout bouleverser. Pourtant au travers de ces ruptures, nous laisserons apparaître la tendresse particulière qui lie Razou et Radieux, ces deux êtres ont une douleur commune et ils sont nécessaires l’un à l’autre.
Zondée, quant à elle, est aimée des deux. Une musique brutale et déchirante se laisse deviner parfois dans la tête de Razou qui y réagit physiquement, sans qu’on entende le son. Parfois la musique entre dans l’espace de jeu comme par effraction, comme une brisure.

